fruit de saison · Cucurbitacées

MelonCucumis melo

Le melon est un défi gourmand pour le jardinier belge : il lui faut chaleur, soleil et un peu de technique. Sous un tunnel, dans une serre ou au pied d’un mur au sud, une variété précoce vous récompensera en août de fruits parfumés, cueillis à point, bien meilleurs que ceux du commerce.

Melon (Cucumis melo)
Photo : Wilfredor, domaine public · licence · Wikimedia Commons
Difficulté
Exigeant
Exposition
Plein soleil, serre ou tunnel
Arrosage
Modéré, au pied, à l’eau tiède ; réduit à la maturation
Sol
Riche, humifère, chaud, drainé
Espacement
80 cm à 1 m en tous sens
Récolte
90 à 110 jours après le semis

Calendrier · climat belge

Quand semer, planter, récolter

Activité Jan Fév Mar Avr Mai Jui Jui Aoû Sep Oct Nov Déc
Semis sous abri oui oui
Plantation oui oui
Récolte oui oui

Pas à pas

1Choisir

Choisissez des variétés précoces, à petits fruits, sélectionnées pour les climats frais : Petit gris de Rennes, ancien melon breton, est la référence ; Sweetheart F1, Emir F1 et Minnesota Midget mûrissent en 80 à 90 jours. Les charentais classiques demandent une serre. Préférez des semences fraîches, la faculté germinative baisse vite ; ou achetez en mai des plants greffés sur courge, plus vigoureux et résistants aux maladies du sol.

2Planter

Semez au chaud dès la mi-avril, deux graines par godet à 25 °C, sur un radiateur ou une nappe chauffante ; les plantules apparaissent en une semaine. Gardez le plant le plus fort. Repiquez à la fin mai, après les Saints de glace, dans un sol enrichi de compost mûr et de fumier, sous tunnel, en serre ou au pied d’un mur, sur un paillage sombre ou une tuile qui accumule la chaleur. Espacez de 80 cm à 1 m.

3Entretenir

Le pinçage fait le melon : coupez la tige au-dessus de la deuxième feuille, puis chaque rameau secondaire au-dessus de la troisième feuille, et enfin les pousses tertiaires à deux feuilles après le fruit. Gardez quatre à six fruits par plant. Arrosez au pied, à l’eau tiède, sans mouiller les feuilles, et réduisez fortement les arrosages dès que les fruits grossissent : le sucre en dépend. Posez chaque fruit sur une tuile ou une ardoise.

4Récolter

Le melon est mûr quand son parfum envahit la serre, que la petite feuille près du fruit jaunit, que le pédoncule se craquelle en cercle et se détache sous une légère pression. La peau change de teinte, du vert au jaune ou au crème. Cueillez le matin, avec le pédoncule, et laissez éventuellement une journée à la cuisine. En Belgique, la récolte va de début août à la mi-septembre.

5Conserver

Le melon entier se garde une semaine dans un endroit frais, mais pas trop froid, car le réfrigérateur tue son parfum ; une fois entamé, filmez-le et consommez-le dans les deux jours. Le surplus se transforme en sorbet, en confiture au citron vert ou en billes congelées pour les smoothies. Le melon accompagne aussi les salades salées, avec le jambon, la feta ou la menthe.

Pour aller plus loin

Bien planter, bien entretenir

Bien planter

Choisir la variété et le mode de culture

Le melon est une annuelle frileuse qui exige 25 °C le jour et pas moins de 12 °C la nuit pendant trois mois : en Belgique, tout part du choix d’une variété précoce et de l’abri. Sous serre ou tunnel, un charentais précoce comme Cézanne F1 ou Anasta F1 réussit ; sous châssis ou en plein air abrité, tenez-vous aux petits fruits rapides, Petit gris de Rennes, Minnesota Midget, Sweetheart F1, Emir F1, qui mûrissent en 80 à 90 jours. Les plants greffés sur courge, vendus en mai, tolèrent les sols froids et les maladies racinaires. Un plant non greffé se sème soi-même ; comptez trois à quatre plants pour une famille.

Semer au chaud à la bonne date

Semez entre le 15 et le 30 avril, pas avant : un plant semé en mars s’étiole sur l’appui de fenêtre et ne rattrape jamais son retard. Placez deux graines à 1 cm de profondeur dans un godet de 8 cm de terreau de semis, à 25 °C sur une nappe chauffante ou au-dessus d’un radiateur ; la levée prend cinq à huit jours. Dès la levée, donnez le maximum de lumière, à 20 °C, et gardez le plant le plus vigoureux. Arrosez à l’eau tiède, sans excès, la fonte des semis guette. À la mi-mai, endurcissez les plants en les sortant le jour sous voile, en les rentrant la nuit. Un plant prêt a trois ou quatre vraies feuilles.

Choisir la serre, le tunnel ou le mur

La serre froide ou le tunnel plastique restent la garantie : température, sec sur le feuillage, et récolte trois semaines plus tôt. À défaut, un châssis ou une mini-serre tunnel de 60 cm de haut sur une planche au sud, ouverts le jour, refermés la nuit jusqu’en juillet, suffisent aux petites variétés. En plein air, seul un pied de mur au sud, sur sol paillé de plastique noir ou d’ardoises qui stockent la chaleur, donne une chance les bonnes années. Évitez toute situation venteuse. La place d’un melon suit celle d’un poireau ou d’une salade, jamais d’une courge, d’un concombre ou d’une courgette.

Préparer une butte chaude et riche

Le melon est gourmand et aime les racines au chaud. Deux semaines avant la plantation, creusez un trou de 40 cm en tous sens par plant, remplissez-le de compost mûr mêlé de fumier bien décomposé, recouvrez de 15 cm de terre fine en formant une butte de 20 cm : la butte chauffe plus vite et draine. Sous serre, couvrez la planche d’un paillage plastique noir ou d’une toile tissée qui gagne quelques degrés, percée à l’emplacement de chaque plant. Espacez de 80 cm à 1 m en tous sens, 1 m sur le rang sous tunnel. Une tuile plate posée à côté de chaque plant recevra le futur fruit.

Planter après les Saints de glace

Plantez entre le 20 mai et le 10 juin, quand la terre atteint 15 °C à 10 cm et que les nuits restent au-dessus de 10 °C ; sous serre, dès le 10 mai. Dépotez sans casser la motte, le melon déteste être dérangé, et enterrez le collet au niveau du sol, jamais plus bas, sur le sommet de la butte. Arrosez à l’eau tiède, à la base, sans mouiller le collet, puis posez une cloche ou un voile les dix premières nuits. Pincez la tige au-dessus de la deuxième vraie feuille dès la reprise, pour lancer les deux premiers rameaux. Attendez un temps couvert pour planter, jamais un midi de soleil.

En pot ou en bac

Un melon se cultive en bac de 40 litres sur un balcon au sud ou dans une serre, avec une seule plante par bac, une variété compacte comme Minnesota Midget ou Sweetheart F1, un substrat de terreau et de compost à parts égales, et un tuteur ou un treillage pour palisser la tige. Suspendez chaque fruit dans un filet ou un vieux collant attaché au support pour soulager la tige. Arrosez chaque jour en été, à l’eau tiède, avec un engrais liquide riche en potasse toutes les deux semaines dès la nouaison. Limitez à deux ou trois fruits par plant. Le bac gèle et chauffe vite : posez-le sur des cales isolantes.

Les erreurs du débutant

La première est de semer trop tôt, en mars, et de planter des tiges jaunies de 30 cm qui ne repartent jamais. La deuxième est de sauter le pinçage et de laisser filer trois mètres de tiges avec des fleurs partout et deux fruits gros comme des œufs en octobre. Beaucoup arrosent aussi sur les feuilles, le soir, à l’eau froide, et récoltent de l’oïdium et du mildiou. On voit encore des melons plantés à 30 cm les uns des autres ou dans une terre pauvre. Enfin, ne pas laisser sécher le sol quand les fruits grossissent donne des melons aqueux, sans parfum, qui se fendent au pédoncule.

Bien entretenir

Arroser à l’eau tiède, au pied

Le melon boit beaucoup en croissance et presque plus en fin de maturation. De la plantation à la nouaison, arrosez tous les deux ou trois jours, deux litres par plant, à l’eau tiède tirée d’un tonneau au soleil, au pied et à 10 cm du collet, jamais sur les feuilles. Un goutte-à-goutte ou une bouteille renversée enterrée facilitent la régularité. Pendant le grossissement des fruits, gardez ce rythme. Dès que le fruit atteint sa taille finale et commence à changer de teinte, espacez fortement, un arrosage par semaine, puis suspendez dix jours avant la récolte : c’est là que se concentre le sucre.

Pailler et nourrir

Sous serre comme dehors, un paillage sombre au sol maintient la chaleur, garde l’humidité et empêche les fruits de toucher la terre : plastique noir, toile tissée, ou paille sèche sur une terre déjà réchauffée en juin. Le melon a tout reçu à la plantation ; complétez seulement par un purin de consoude dilué, riche en potasse, toutes les deux semaines de la nouaison à la coloration, ou un engrais liquide pour tomates. Aucun apport d’azote après la plantation, il donne des feuilles et retarde les fruits. Une poignée de cendres de bois autour de chaque plant en juin renforce la potasse.

Pincer et former

Le pinçage suit une logique simple : les fleurs femelles naissent sur les rameaux de troisième génération. Après la plantation, pincez la tige principale au-dessus de la deuxième feuille : deux rameaux secondaires partent. Pincez chacun au-dessus de la troisième ou quatrième feuille : des rameaux tertiaires apparaissent, porteurs de fleurs femelles reconnaissables au petit renflement sous la fleur. Quand un fruit noue et atteint la taille d’une noix, pincez le rameau à deux feuilles au-delà du fruit. Gardez quatre à six fruits par plant, bien répartis, en supprimant les autres et les nouvelles pousses. Sous serre, palissez à la verticale sur des ficelles pour gagner de la place.

Assurer la pollinisation

En plein air et sous tunnel ouvert, les abeilles et les bourdons font le travail ; ouvrez la serre chaque matin dès que les fleurs s’épanouissent. Sous une serre fermée ou par temps frais et pluvieux, pollinisez à la main entre 9 et 11 heures : cueillez une fleur mâle, sans renflement sous les pétales, retirez ses pétales et frottez ses étamines sur le pistil des fleurs femelles, ou passez un pinceau de l’une aux autres. Une fleur femelle non fécondée jaunit et tombe en trois jours. Ne gardez que les fruits noués entre le 20 juin et le 20 juillet ; ceux qui nouent après début août n’auront pas le temps de mûrir.

Prévenir les maladies et ravageurs

L’oïdium, poudre blanche sur les feuilles dès juillet, est inévitable en fin de saison mais se retarde par l’aération, l’arrosage au pied et des pulvérisations de soufre mouillable ou de lait dilué à 10 % tous les dix jours. Le mildiou et l’anthracnose viennent des feuilles mouillées et du froid nocturne : fermez la serre la nuit, ne mouillez jamais le feuillage. Les pucerons se traitent au savon noir. Les limaces attaquent les jeunes plants et les fruits au sol : tuile sous chaque fruit, pièges à bière, ramassage nocturne. Sous serre, les araignées rouges prospèrent par temps sec : bassinez le sol, pas les feuilles, et lâchez des acariens prédateurs.

Au fil de la saison

Mi-avril, semez au chaud. Début mai, préparez la butte et le paillage, endurcissez les plants. Vers le 20 mai, plantez et pincez une première fois. En juin, pincez les secondaires, arrosez tous les deux jours, pollinisez si nécessaire, posez les tuiles. Début juillet, sélectionnez quatre à six fruits, purin de consoude, retournez les fruits d’un quart de tour toutes les semaines pour colorer uniformément. Fin juillet, réduisez l’eau sur les premiers fruits, traitez l’oïdium au lait. En août, récoltez, suspendez l’eau dix jours avant chaque cueillette, supprimez les nouvelles fleurs. Début septembre, dernière récolte ; arrachez et compostez les plants sains.

Récolter et conserver

Les signes de maturité s’additionnent : le parfum, perceptible dès l’entrée de la serre, une craquelure circulaire autour du pédoncule, le jaunissement de la petite feuille qui fait face au fruit, une teinte qui vire du vert au jaune ou au crème entre les côtes, et un fruit qui se détache sous une légère pression du pouce. Un melon cueilli trop tôt reste fade, il ne sucre plus après la récolte, même s’il s’attendrit. Récoltez le matin, avec le pédoncule, et posez sur une seule couche. Gardez une semaine dans une pièce fraîche à 12 °C, jamais au réfrigérateur entier, qui tue l’arôme ; entamé, filmez et consommez sous deux jours.

Se procurer des semences ou des plants

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Du potager à l’assiette

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Ce qu’il apporte

Très riche en eau, le melon apporte du bêta-carotène, de la vitamine C et du potassium pour peu de calories.

En cuisine, simplement

Melon en billes, jambon d’Ardenne et quelques feuilles de menthe : l’entrée d’été qui ne demande aucune cuisson.

Bien vivre

Réussir un melon en Belgique, c’est la fierté discrète qu’on partage en le coupant devant les invités.