petit fruit · Rosacées

FraiseFragaria × ananassa

La fraise reste le premier fruit du potager familial : quelques pieds sur une planche ensoleillée offrent dès juin des récoltes parfumées, sans commune mesure avec les barquettes du commerce. Plantée à la fin de l’été, elle s’installe vite et produit trois bonnes années sans demander grand-chose.

Fraise (Fragaria × ananassa)
Photo : S.G.S., domaine public · licence · Wikimedia Commons
Difficulté
Facile
Exposition
Soleil
Arrosage
Régulier, au pied, sans excès ; décisif de la floraison à la récolte
Sol
Léger, riche en humus, frais mais drainé, légèrement acide à neutre
Espacement
30 cm sur le rang, 40 à 50 cm entre les rangs
Récolte
8 à 10 mois après une plantation d’août (première récolte en juin suivant)

Calendrier · climat belge

Quand semer, planter, récolter

Activité Jan Fév Mar Avr Mai Jui Jui Aoû Sep Oct Nov Déc
Plantation oui oui oui oui
Récolte oui oui oui oui

Pas à pas

1Choisir

Distinguez les variétés non remontantes, qui donnent une seule grosse récolte en juin, des remontantes qui produisent par vagues jusqu’aux gelées. Pour la saveur, Gariguette et Mara des bois sont des références ; pour le rendement, Elsanta et Darselect. Achetez des plants certifiés, sains, à cœur ferme, ou prélevez des stolons sur vos propres pieds les plus vigoureux. Comptez une vingtaine de plants pour une famille.

2Planter

La meilleure période court d’août à la mi-septembre : les plants s’enracinent avant l’hiver et produisent pleinement au printemps suivant. Travaillez un sol enrichi de compost mûr, formez des buttes légères si la terre est lourde, puis plantez tous les 30 cm en laissant le collet exactement au niveau du sol. Arrosez copieusement. Un paillage de paille ou de miscanthus posé au printemps gardera les fruits propres.

3Entretenir

Arrosez au pied, sans mouiller le feuillage, surtout pendant la floraison et le grossissement des fruits. Supprimez les stolons dès leur apparition, sauf ceux que vous réservez pour renouveler la fraiseraie. Après la récolte, coupez les vieilles feuilles, nettoyez la planche et apportez un peu de compost. Renouvelez la plantation tous les trois ou quatre ans sur un autre emplacement pour éviter les maladies du sol.

4Récolter

Cueillez le matin, à la fraîcheur, quand le fruit est rouge jusqu’à la pointe : la fraise ne mûrit plus après la cueillette. Pincez le pédoncule entre le pouce et l’index plutôt que de tirer sur le fruit, qui s’abîme facilement. Passez tous les deux jours en pleine saison, et retirez les fruits pourris ou grignotés pour ne pas attirer limaces et moisissures.

5Conserver

La fraise se déguste dans les 24 à 48 heures, conservée au frais sans être lavée, sur une seule couche. Pour prolonger le plaisir, congelez les fruits entiers étalés sur une plaque avant de les mettre en sachet, ou transformez-les en confiture, coulis et sirop. Les remontantes offrent l’avantage de petites récoltes régulières, sans pic de surproduction à écouler.

Pour aller plus loin

Bien planter, bien entretenir

Bien planter

Choisir l’emplacement

Le fraisier veut du soleil au moins six heures par jour, faute de quoi les fruits restent petits et acides. Choisissez une planche bien exposée, aérée pour que la rosée sèche vite, mais à l’abri des vents froids qui grillent les fleurs en avril. Il aime les terres légères, humifères et légèrement acides, et souffre dans les argiles compactes qui restent noyées l’hiver : plantez-y sur des buttes de 15 à 20 cm. Évitez de le mettre après des pommes de terre, des tomates ou d’anciens fraisiers, porteurs de maladies du sol, et attendez quatre ans avant de revenir au même endroit.

Préparer le sol

Un mois avant la plantation, ameublissez sur 25 cm à la grelinette, retirez soigneusement les racines de chiendent et de liseron, impossibles à extraire ensuite d’une fraiseraie, et incorporez trois à quatre kilos de compost mûr ou de fumier bien décomposé par mètre carré. Sur sol calcaire, où les feuilles jaunissent, ajoutez un seau de terreau de feuilles ou de compost de bois par mètre carré. Ratissez pour obtenir une surface plane, ou formez des buttes de 60 cm de large séparées par des passe-pieds. Laissez la terre se tasser sous une ou deux pluies avant de planter.

Choisir le plant

Achetez des plants certifiés, en godets ou en mottes, au cœur ferme et aux feuilles bien vertes, plutôt que des racines nues sèches. Distinguez les non-remontantes, qui donnent une grosse récolte de juin, et les remontantes, qui produisent par vagues jusqu’en octobre : Elsanta, Darselect et Sonata pour la première catégorie, Mara des bois et Charlotte pour la seconde, Gariguette pour les gourmands précoces. Une vingtaine de pieds nourrissent une famille. Vous pouvez aussi enraciner en juillet les stolons de vos propres pieds les plus productifs, âgés de un ou deux ans, jamais de plants malades ou vieillissants.

Planter à la bonne saison

La meilleure période chez nous court du 1er août au 15 septembre : les plants s’enracinent dans une terre chaude, forment leurs bourgeons à fruits à l’automne et donnent pleinement dès le mois de juin suivant. Une plantation en mars-avril fonctionne aussi, mais produit peu la première année. Plantez le soir ou par temps couvert, tous les 30 cm sur le rang et 40 à 50 cm entre rangs, dans un trou du double de la motte, les racines bien étalées vers le bas. Le collet doit affleurer exactement : enterré, il pourrit ; exposé, il sèche. Tassez, arrosez un litre par plant.

Bien poser les stolons

Pour renouveler la fraiseraie sans acheter, choisissez en juin deux ou trois pieds vigoureux et sains, et laissez-leur chacun trois ou quatre stolons. Guidez la première rosette de chaque stolon sur un godet de terreau enterré au niveau du sol, fixez-la d’un cavalier de fil de fer ou d’une pierre, et coupez le filet au-delà, les rosettes suivantes étant moins vigoureuses. Arrosez le godet régulièrement. En trois ou quatre semaines, la rosette est enracinée ; sectionnez alors le lien avec la mère et plantez le jeune pied sur une nouvelle planche, début août, comme un plant acheté.

En pot, en bac ou en suspension

Le fraisier se plaît en pot, à condition d’un volume suffisant : un pot de 20 cm et 5 litres par plant, une jardinière de 60 cm pour trois, un bac de 40 cm de profondeur pour une dizaine. Mélange de deux tiers de terreau et un tiers de compost, billes d’argile au fond, plein soleil, à l’abri du vent. Les variétés remontantes, Mara des bois ou Charlotte, conviennent mieux, avec leurs récoltes étalées. Une suspension éloigne les limaces et laisse pendre les fruits propres. Arrosez presque chaque jour en été, nourrissez tous les quinze jours, et renouvelez les plants tous les deux ans.

Les erreurs du débutant

Planter en octobre ou en novembre, trop tard pour l’enracinement, et perdre la moitié des pieds l’hiver. Enterrer le collet ou, à l’inverse, laisser les racines à l’air. Planter trop serré, ce qui favorise la pourriture grise en juin. Laisser tous les stolons courir dès la première année, ce qui transforme la planche en tapis stérile en deux saisons. Garder une fraiseraie cinq ou six ans, alors que la production s’effondre dès la quatrième année. Enfin, oublier le paillage avant la récolte et cueillir des fraises pleines de terre. Une planche neuve tous les trois ans, sur un emplacement différent, règle presque tout.

Bien entretenir

Arroser au pied, au bon moment

Le fraisier a des racines superficielles et souffre vite de la sécheresse, mais déteste le feuillage mouillé, qui attire la pourriture grise. Arrosez au pied ou au tuyau microporeux, le matin, six à huit litres par mètre carré deux fois par semaine sans pluie, chaque jour en pot. La période décisive va de la floraison à la fin de la récolte, où le manque d’eau donne des fruits petits et durs. Reprenez ensuite un rythme modéré en août, quand se forment les bourgeons de l’année suivante. Réduisez fortement en automne et n’arrosez pas l’hiver, sauf les pots sous abri.

Pailler et nourrir

Fin avril, avant la floraison, étalez entre les plants 5 cm de paille propre, de miscanthus ou de paillettes de lin : les fruits reposent au sec, restent propres, et les limaces circulent moins sur ce tapis rêche. Un film noir tissé ou du carton fonctionnent aussi, mais retiennent l’humidité sous nos pluies. Côté nourriture, griffez une poignée de compost au pied de chaque plant en mars et en août, après le nettoyage, et arrosez au purin de consoude dilué à 10 % à la floraison. Pas d’azote en excès, qui donne des feuilles et des stolons au détriment des fruits. En pot, engrais organique liquide tous les quinze jours.

Couper les stolons, nettoyer, renouveler

Dès mai, coupez au sécateur tous les stolons à leur naissance, sauf ceux réservés à la multiplication : chacun coûte au pied une part de sa récolte. Après la cueillette, en juillet pour les non-remontantes, rabattez le vieux feuillage à 5 cm au-dessus du cœur, sans le blesser, retirez la paille souillée, désherbez et apportez du compost ; le pied refait des feuilles neuves en trois semaines. Un fraisier produit bien deux ou trois ans, puis décline. Plantez chaque année un tiers de fraiseraie neuve à partir de stolons, sur un emplacement différent, et arrachez les pieds de plus de trois ans.

Prévenir les maladies et ravageurs

La pourriture grise, le botrytis, gâte les fruits par temps humide : espacez à 30 cm, paillez sec, arrosez au pied le matin, cueillez souvent et retirez chaque fruit atteint dans un seau, pas au sol. Les limaces se ramassent au crépuscule et se piègent sous des planches ; le paillis rêche et les pots surélevés aident. Les oiseaux, merles surtout, se tiennent à distance par un filet à mailles fines tendu sur arceaux dès les premiers fruits rouges, bien plaqué au sol. L’oïdium blanchit les feuilles en été sec : lait dilué à 10 %. Contre l’otiorhynque dont les larves rongent les racines, les nématodes auxiliaires arrosés en août sont efficaces.

Au fil de la saison

Mars, nettoyage des feuilles mortes, compost, premier désherbage. Avril, voile posé sur les fleurs les nuits de gel annoncé, sous les 0 °C, et retiré le jour pour les abeilles ; paillage fin avril. Mai, purin de consoude, coupe des stolons, filet contre les oiseaux. Juin-juillet, récolte, arrosages réguliers, retrait des fruits pourris. Fin juillet, rabattage des non-remontantes, sélection des stolons pour la relève. Août, plantation de la planche neuve, compost. Septembre-octobre, dernières remontantes, arrachage des vieux pieds. Novembre, une couche de feuilles mortes entre les rangs, sans couvrir les cœurs.

Récolter et prolonger

Cueillez le matin, quand les fruits sont rouges jusqu’à la pointe, en pinçant le pédoncule entre l’ongle du pouce et l’index, tous les deux jours en pleine saison. Pour étaler la récolte, associez trois types : une précoce comme Gariguette dès la fin mai, une de saison comme Elsanta en juin, et des remontantes jusqu’en octobre. Un tunnel bas ou des cloches posés en mars sur un rang de non-remontantes avancent la récolte de deux à trois semaines ; un voile sur les remontantes en octobre la prolonge d’autant. Les fraisiers en pot rentrés dans une serre froide fin février donnent en mai.

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Ce qu’il apporte

Riche en vitamine C et en fibres, peu calorique, la fraise apporte aussi des antioxydants naturels.

En cuisine, simplement

Un bol de fraises coupées, un filet de jus de citron, une pincée de sucre et quelques feuilles de basilic ou de menthe : le dessert de juin.

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Cueillir ses fraises au petit matin, pieds nus dans la rosée, est un rituel de début d’été qui réconcilie avec le jardin.