arbre fruitier · Bétulacées
NoisetteCorylus avellana
Le noisetier est l’arbuste le plus facile du verger : rustique, sans maladie sérieuse, il pousse partout et remplit chaque automne le panier de fruits secs qui se gardent tout l’hiver. Deux variétés complémentaires, un coin de haie, et les noisettes fraîches de septembre deviennent un rituel de fin d’été.
- Difficulté
- Facile
- Exposition
- Soleil ou mi-ombre
- Arrosage
- Modéré ; seulement les jeunes plants en été
- Sol
- Tout sol, frais, drainé, même calcaire
- Espacement
- 4 à 5 m, ou 2,5 m en haie fruitière
- Récolte
- 3 à 4 ans après plantation, pleine production après 8 ans
Calendrier · climat belge
Quand semer, planter, récolter
| Activité | Jan | Fév | Mar | Avr | Mai | Jui | Jui | Aoû | Sep | Oct | Nov | Déc |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Plantation | oui | oui | oui | oui | oui | |||||||
| Récolte | oui | oui |
Pas à pas
1Choisir
Le noisetier n’est pas autofertile et fleurit en plein hiver : plantez au moins deux variétés compatibles, à floraison simultanée, pour que le pollen porté par le vent fasse son œuvre. Merveille de Bollwiller, rustique et tardive, s’associe bien à Fertile de Coutard ou Segorbe ; Lambert rouge, au feuillage pourpre, pollinise beaucoup de variétés. Préférez les gros fruits à coquille fine. Achetez des plants de deux ans, en touffe ou sur tige.
2Planter
Plantez de novembre à mars, hors gel, dans un sol ordinaire, même calcaire, plutôt frais. Le noisetier accepte la mi-ombre, mais fructifie mieux au soleil. Espacez de 4 à 5 m, ou de 2,5 m en haie fruitière. Creusez un trou large, mélangez du compost, plantez sans enterrer le collet, arrosez et paillez. Taillez les tiges d’un tiers pour favoriser la ramification. Un jeune plant supporte mal la concurrence de l’herbe.
3Entretenir
L’entretien tient en une taille légère chaque hiver : retirez au ras du sol un tiers des vieilles tiges de plus de six ans pour conserver un buisson de huit à dix tiges, supprimez les rejets superflus et le bois qui se croise. Le noisetier fructifie sur le bois de l’année précédente : ne raccourcissez pas les jeunes rameaux. Arrosez les deux premiers étés, paillez, et apportez un peu de compost au printemps. Aucun traitement n’est nécessaire.
4Récolter
Les noisettes tombent d’elles-mêmes quand elles sont mûres, de la fin août à octobre : les involucres brunissent et la noisette se détache. Ramassez au sol tous les deux jours, avant les écureuils, les geais et les mulots, ou secouez les branches sur une bâche. Cueillies vertes sur l’arbre, elles sont délicieuses fraîches mais ne se conservent pas. Un buisson adulte donne 3 à 6 kg.
5Conserver
Étalez les noisettes en couche mince dans un endroit sec, aéré et chaud pendant deux à trois semaines, en les remuant, jusqu’à ce que l’amande soit sèche et croquante. Elles se gardent ensuite un an en coque dans un filet ou un panier au sec. Décortiquées, conservez-les au réfrigérateur ou au congélateur pour éviter le rancissement. Grillées à sec, elles donnent pâte à tartiner, pralin et huile.
Pour aller plus loin
Bien planter, bien entretenir
Bien planter
Choisir les variétés et les associer
Le noisetier fleurit de janvier à mars, chatons mâles jaunes et minuscules fleurs femelles rouges sur le même arbuste, mais rarement en même temps sur le même pied : il est autostérile et pollinisé par le vent. Plantez deux ou trois variétés dont les chatons libèrent leur pollen quand les fleurs femelles des autres sont réceptives. Merveille de Bollwiller, tardive, rustique, aux grosses noisettes rondes, s’associe avec Fertile de Coutard, Segorbe ou Butler ; Lambert rouge, aux feuilles pourpres, pollinise tôt et abondamment. Corabel et Ennis donnent les plus gros fruits. Placez les pollinisateurs sous le vent dominant d’ouest, à moins de 15 m.
Choisir la forme : touffe ou tige
Le noisetier se plante franc de pied ou marcotté, jamais greffé sauf sur tige de Corylus colurna, le noisetier de Byzance, qui ne drageonne pas et fait un petit arbre de 5 m facile à faucher dessous. En touffe, forme naturelle, il forme un buisson de 8 à 10 tiges de 4 m, à renouveler par la base : c’est le plus productif et le plus rustique. Sur tige, il tient dans un petit jardin, laisse passer la tondeuse et se cueille debout, mais vit moins longtemps. En haie fruitière, mêlez noisetiers, cornouillers et sureaux tous les 2,5 m pour un rideau brise-vent productif. Achetez un plant de deux ans, à racines nues, à trois tiges au moins.
Choisir l’emplacement
Indigène de nos haies, le noisetier pousse partout, mais fructifie nettement mieux au soleil, dans un sol frais, profond, même calcaire ou argileux. Il tolère la mi-ombre d’une lisière et sert de brise-vent, ce qui en fait le compagnon idéal du côté ouest d’un verger ; il redoute en revanche les sols secs et sableux, où les noisettes restent vides, et les terres inondées. Sa floraison hivernale ne craint que les gels intenses sous -12 °C. Espacez de 4 à 5 m pour des touffes isolées, 2,5 m en haie, 3 m entre tiges. Gardez 3 m d’une clôture : les racines drageonnent et la couronne s’élargit.
Préparer le trou et le sol
Creusez un trou de 60 cm de côté et 50 cm de profondeur, en cassant le fond. Mélangez à la terre deux pelletées de compost mûr et une poignée de corne broyée ; en sol acide, ajoutez une poignée de chaux magnésienne, le noisetier préférant un pH de 6 à 7,5. En sol sableux, forcez sur le compost et le terreau de feuilles pour retenir l’eau. Désherbez soigneusement l’herbe et le chiendent sur un mètre carré : le jeune noisetier souffre plus de la concurrence herbacée que de n’importe quoi d’autre. Un tuteur n’est nécessaire que pour la forme sur tige, ou en situation très ventée.
Planter à racines nues
De novembre à mars, hors gel, plantez à racines nues : rafraîchissez les racines, pralinez, placez le collet au niveau du sol pour une forme sur tige, ou 3 cm en dessous pour une touffe qui doit rejeter de la base. Rebouchez, tassez, arrosez avec 15 litres, paillez sur un mètre de diamètre avec 10 cm de broyat. Taillez les tiges d’un tiers au-dessus d’un œil extérieur pour provoquer la ramification ; sur une touffe, supprimez les tiges grêles pour n’en garder que quatre à six vigoureuses. Un plant en conteneur se plante jusqu’en mai, avec un arrosage suivi tout l’été. Aucun engrais la première année.
En pot ou en bac
Un noisetier en bac reste une curiosité : il lui faut deux variétés, donc deux bacs de 80 litres, et sa production dépasse rarement une poignée de fruits. Si vous tentez sur une grande terrasse, choisissez des variétés compactes, Merveille de Bollwiller et Lambert rouge, un mélange de terre de jardin et de compost, un arrosage tous les deux jours en été et un rabattage sévère chaque hiver pour tenir sous 2 m. Le noisetier tortueux, ornemental, y fait meilleure figure et donne parfois quelques noisettes. Le bac vaut surtout pour une haie de terrasse brise-vent, plus que pour la récolte.
Les erreurs du débutant
La première est de planter un seul noisetier, ou deux plants de la même variété, et de n’obtenir que des coques vides : les involucres se forment sans amande faute de pollinisation. La deuxième est de le laisser dans l’herbe haute sans paillage : il végète trois ans. Beaucoup raccourcissent aussi tous les jeunes rameaux en hiver, supprimant les chatons et les fleurs qu’ils portent. On voit encore des noisetiers plantés à 1 m d’une clôture ou d’un chemin qu’ils envahissent de drageons. Enfin, attendre que les noisettes tombent toutes seules pour les ramasser, c’est nourrir les écureuils et les geais avant soi.
Bien entretenir
Arroser les premières années
Les deux premiers étés, arrosez chaque semaine par temps sec, 15 litres au pied, de mai à août : le noisetier s’enracine en surface et souffre de la sécheresse tant qu’il n’est pas installé. Le remplissage des amandes se joue en juillet et en août ; un manque d’eau à ce moment donne des noisettes petites, ridées ou vides, même sur un arbuste adulte. Par la suite, seul un été très sec justifie un arrosage copieux tous les quinze jours en juillet. Un noisetier adulte en sol limoneux frais se contente entièrement des pluies belges. En sol sableux, gardez un paillis épais en permanence.
Pailler et nourrir
Maintenez un paillis de 10 cm de broyat, de feuilles mortes ou de tontes séchées sur un mètre autour de chaque pied pendant cinq ans, puis laissez l’herbe revenir en la fauchant court à la récolte pour retrouver les noisettes. En mars, deux pelletées de compost mûr et une poignée de cendres de bois par touffe suffisent ; le noisetier ne demande pas plus et réagit à l’azote par des rejets vigoureux et stériles. En sol acide, un chaulage léger tous les quatre ans. Les feuilles de noisetier, riches et rapides à se décomposer, font un excellent paillis pour les petits fruits voisins.
Tailler : formation puis renouvellement
Les trois premières années, formez la touffe en gardant six à huit tiges bien réparties, en supprimant au ras du sol les rejets superflus, et en raccourcissant les tiges principales d’un tiers pour les ramifier. Ensuite, chaque hiver, entre janvier et mars, quand les chatons sont visibles, retirez à la base un tiers des tiges de plus de six ans, reconnaissables à leur écorce grise et fissurée, éliminez les rejets, le bois mort et les rameaux qui se croisent au centre. Ne raccourcissez pas les rameaux latéraux de l’année : ils portent les chatons et les fleurs femelles. Sur tige, aérez la couronne et supprimez les gourmands du tronc.
Prévenir les maladies et ravageurs
Le balanin, charançon dont la larve perce un trou rond dans la coque, est le seul vrai ennemi : ramassez tous les fruits tombés en été, laissez gratter les poules sous les arbustes en septembre, ou posez une bâche fin juin pour secouer les branches et recueillir les adultes. Les écureuils, geais et mulots prélèvent leur part ; seule une récolte quotidienne les devance. Le phytopte des bourgeons, qui les gonfle en petites boules, se retire à la main en hiver. Les pucerons du noisetier ne justifient aucun traitement, les coccinelles s’en chargent. La moniliose noircit parfois les involucres en été humide : aérez par la taille.
Au fil de la saison
En février, taillez pendant la floraison, ce qui permet de vérifier que chatons et fleurs femelles coïncident entre variétés. En mars, compostez, paillez. En avril, contrôlez le paillage, supprimez les premiers drageons. En mai-juin, arrosez les jeunes plants si le printemps est sec. Fin juin, secouez les branches sur une bâche à l’aube contre le balanin. En juillet-août, arrosez en cas de sécheresse. De fin août à octobre, ramassez tous les deux jours, fauchez court l’herbe avant. En novembre, plantez, nettoyez le sol des involucres. Un noisetier adulte demande moins d’une heure de travail par an.
Récolter et conserver
Pour devancer les écureuils, cueillez dès que l’involucre brunit à sa base et que la noisette se détache en tournant, souvent une semaine avant la chute, entre fin août et fin septembre selon la variété. Étalez une bâche et secouez les branches par temps sec. Retirez les involucres le jour même, éliminez les fruits percés d’un trou et ceux qui flottent dans un seau d’eau, signes de vides ou de vers. Séchez ensuite trois semaines en couche mince au grenier ou au sec, en remuant tous les deux jours. Conservez en filet dans une pièce fraîche et aérée, jamais en sac plastique ; en cave humide, elles moisissent.
Se procurer des semences ou des plants
Semences et plants : où les trouver
Pour un arbre ou un arbuste fruitier, préférez une pépinière proche de chez vous : elle propose des porte-greffes et des variétés adaptés au climat local, et vous conseille sur la pollinisation. En Belgique, cherchez les variétés du Centre de recherches de Gembloux (label RGF) ; en France, les pépinières du réseau des Croqueurs de pommes ; ailleurs, les collections de variétés régionales.
Du potager à l’assiette
Et ensuite, on le savoure
Ce qu’il apporte
La noisette est riche en bonnes graisses, en vitamine E, en magnésium et en fibres, à consommer par petites poignées.
En cuisine, simplement
Des noisettes grillées à sec, concassées sur une salade de betteraves ou mixées en pâte à tartiner maison, sans huile de palme.
Bien vivre
Casser des noisettes au coin du feu, en novembre, avec les fruits de son propre jardin, est un plaisir d’automne qui ne coûte rien.
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