légume-fruit · Cucurbitacées
Potiron et courgesCucurbita maxima, C. moschata, C. pepo
Potimarron, butternut, potiron rouge vif d’Étampes ou courge spaghetti : les courges coureuses font le spectacle de l’automne. Elles demandent surtout de la place, du compost et un été sans trop de pluies froides, et vous rendent des fruits qui décorent la cuisine puis se dégustent jusqu’au printemps.
- Difficulté
- Facile
- Exposition
- Soleil, à l’abri du vent
- Arrosage
- Copieux au pied, une à deux fois par semaine en été, sans mouiller le feuillage.
- Sol
- Sol très riche, profond, réchauffé ; un tas de compost mûr ou une vieille fumure font merveille.
- Espacement
- 1,5 à 2 m en tous sens pour les coureuses, 1 m pour les variétés buissonnantes.
- Récolte
- 100 à 130 jours.
Calendrier · climat belge
Quand semer, planter, récolter
| Activité | Jan | Fév | Mar | Avr | Mai | Jui | Jui | Aoû | Sep | Oct | Nov | Déc |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Semis sous abri | oui | oui | ||||||||||
| Semis en pleine terre | oui | |||||||||||
| Plantation | oui | oui | ||||||||||
| Récolte | oui | oui |
Pas à pas
1Semer
Semez de la mi-avril au début mai en godets de 8 cm, à l’intérieur, à 20 °C, une graine par pot posée sur la tranche à 2 cm de profondeur. La levée prend une semaine. Placez les plants en pleine lumière pour éviter qu’ils ne filent. En pleine terre, un semis direct après le 15 mai, en poquet de deux ou trois graines sous une cloche, réussit les années douces.
2Planter
Plantez après les Saints de glace, par temps doux, des plants de trois semaines munis de deux vraies feuilles. Creusez un trou généreux, ajoutez deux pelles de compost mûr, plantez sans enterrer le collet et arrosez abondamment. Laissez 1,5 à 2 m entre pieds. Un vieux tas de compost ou le bord d’une haie ensoleillée sont des emplacements parfaits, qui libèrent le potager.
3Entretenir
Paillez épais dès la plantation pour garder la fraîcheur et isoler les fruits de la terre humide. Arrosez au pied sans mouiller les feuilles. Pour les coureuses, pincez la tige principale après la cinquième feuille, puis les ramifications à deux feuilles après chaque fruit, et limitez à trois ou quatre fruits par pied. Glissez une tuile ou une planchette sous chaque fruit dès qu’il grossit.
4Récolter
Récoltez de la mi-septembre à la mi-octobre, avant les gelées, quand le pédoncule est sec et liégeux, le feuillage flétri et la peau dure sous l’ongle. Coupez au sécateur en gardant 5 cm de pédoncule, sans jamais porter la courge par celui-ci. Laissez-les mûrir une dizaine de jours au soleil ou dans une pièce chaude et ventilée pour durcir la peau.
5Conserver
Rangez les courges sur des clayettes ou du papier, sans qu’elles se touchent, dans une pièce sèche entre 12 et 18 °C, jamais en cave humide ni au frigo. Potimarrons et butternuts tiennent cinq à six mois, les potirons rouges deux ou trois. Surveillez une fois par mois et cuisinez en premier les fruits dont le pédoncule faiblit. La chair cuite se congèle en purée.
Pour aller plus loin
Bien planter, bien entretenir
Bien planter
Choisir l’emplacement
Les courges ont besoin de chaleur, de place et de lumière : réservez-leur l’endroit le plus ensoleillé du jardin, protégé des vents froids par une haie, un mur ou une rangée de haricots à rames. Elles occupent trois à quatre mètres carrés par pied ; plutôt que de sacrifier une planche du potager, installez-les sur un vieux tas de compost, au pied d’un composteur, le long d’une clôture qu’elles escaladeront, ou sur une pelouse peu utilisée qu’elles couvriront. Évitez les creux humides où l’air froid stagne au printemps et les coins ombragés, où les fruits ne mûrissent jamais.
Préparer le sol
La courge est la plus gourmande du potager. Pour chaque pied, creusez fin avril un trou de 40 cm en tous sens, remplissez-le d’un mélange de moitié terre et moitié compost mûr ou fumier bien décomposé, une bonne brouette par emplacement, et formez une légère butte qui se réchauffera plus vite. Dans nos terres argileuses, cette butte évite aussi l’asphyxie des racines lors d’un mois de juin pluvieux. Couvrez la butte d’un carton ou d’un plastique noir deux semaines avant la plantation pour gagner quelques degrés. Aucun engrais chimique n’est nécessaire, le compost suffit largement.
Semer au bon moment
Semez entre le 15 avril et le 5 mai, à l’intérieur, dans des godets de 8 à 10 cm remplis de terreau. Enfoncez chaque graine sur la tranche, pointe vers le bas, à 2 cm de profondeur, une par pot. À 20 °C, la levée prend cinq à huit jours. Dès que les cotylédons se déploient, placez les plants derrière la vitre la plus lumineuse ou sous serre, sinon ils s’étiolent en trois jours. Un semis plus précoce, en mars, donne des plants trop grands et fragiles avant qu’il soit possible de les sortir. Le semis direct en poquet après le 15 mai fonctionne aussi, mais avec deux semaines de retard.
Endurcir et planter
Sortez les godets en journée pendant une semaine à partir du 10 mai, à l’ombre légère d’abord, puis au soleil, en les rentrant la nuit. Plantez après les Saints de glace, vers le 20 mai, un jour doux et couvert, des plants de trois semaines portant deux ou trois vraies feuilles. Faites un trou au sommet de la butte, dépotez sans casser la motte, posez-la sans enterrer la tige, et refermez. Arrosez trois litres au pied, puis posez une cloche ou une bouteille de cinq litres coupée pour les dix premières nuits, qui sont souvent fraîches chez nous.
Espacer et guider
Comptez 1,5 à 2 m entre pieds pour les potirons et potimarrons coureurs, 1 m pour les variétés buissonnantes comme certaines courges spaghetti ou Jack Be Little. Dans un petit jardin, faites grimper les variétés à fruits légers, potimarron ou butternut, sur un grillage, une pergola ou une vieille échelle : un fruit de deux kilos se soutient d’un filet de courses. Vous pouvez aussi orienter les tiges rampantes en enroulant délicatement les lianes autour du pied, en spirale, au fur et à mesure de leur croissance. Plantez trois pieds au minimum pour assurer la pollinisation croisée entre fleurs mâles et femelles.
En bac ou sur le balcon
Sur une terrasse, seules les petites variétés valent la peine : Jack Be Little, Sweet Dumpling, potimarron Uchiki Kuri ou courge spaghetti buissonnante. Il faut un bac de 50 litres au minimum par pied, rempli de deux tiers de terreau et un tiers de compost, avec des trous de drainage larges, placé plein sud contre un mur. Faites courir ou grimper la plante sur la balustrade. L’arrosage devient quotidien en juillet-août, et un engrais organique liquide chaque semaine remplace le sol nourricier absent. Trois ou quatre fruits par pied constituent un bel objectif, à ne pas dépasser.
Les erreurs du débutant
Semer trop tôt, en mars, produit des plants d’un mètre qui végètent sur l’appui de fenêtre. Planter début mai dans une terre à 10 °C bloque la croissance pour des semaines. Enterrer la tige à la plantation provoque la pourriture du collet. Oublier que les courges de la famille Cucurbita pepo, comme les courgettes et les pâtissons, s’hybrident entre elles n’a aucune conséquence sur la récolte de l’année, mais rend inutiles les graines récupérées. Enfin, planter dix pieds dans un jardin de cent mètres carrés est l’erreur la plus fréquente : trois pieds bien nourris donnent une douzaine de fruits, largement de quoi passer l’hiver.
Bien entretenir
Arroser au pied, copieusement
Une courge adulte évapore plusieurs litres par jour en août. Arrosez abondamment, dix litres par pied, une à deux fois par semaine en l’absence de pluie, toujours au collet et jamais sur les feuilles, en fin de journée. Un arrosage profond et espacé vaut mieux que de petites quantités quotidiennes, qui gardent les racines en surface. Le feuillage qui s’affaisse aux heures chaudes est normal s’il se redresse le soir ; s’il reste flétri au matin, la plante a soif. Réduisez l’eau à partir de la mi-septembre pour que les fruits concentrent leurs sucres et durcissent leur peau.
Pailler et nourrir
Dès la plantation, paillez généreusement, sur 8 à 10 cm, avec de la paille, du foin, des tontes séchées ou du broyat, sur toute la surface que les lianes couvriront. Ce paillis garde la fraîcheur, étouffe les adventices sous un feuillage qui interdit de biner, et surtout isole les fruits de la terre humide. La courge nourrie de compost à la plantation n’a besoin ensuite que d’un purin de consoude dilué à 10 % toutes les deux semaines de juillet à la fin août, riche en potasse pour le grossissement. Un excès d’azote ferait des feuilles immenses et peu de fruits.
Pincer et limiter
Sur les coureuses, pincez la tige principale au-dessus de la cinquième feuille quand elle atteint 60 cm : deux ou trois ramifications partiront, qui porteront les fleurs femelles. Ensuite, dès qu’un fruit est noué et fait la taille d’un poing, coupez sa tige deux feuilles au-delà. Limitez à trois fruits par pied pour les gros potirons, quatre à six pour les potimarrons et butternuts, et supprimez les fruits tardifs noués après la mi-août, qui n’auront pas le temps de mûrir et affaibliront les autres. Les variétés buissonnantes ne demandent aucune taille. Posez une tuile ou une planchette sous chaque fruit dès sa formation.
Prévenir les maladies et ravageurs
L’oïdium arrive presque chaque année à la fin août, feutrant les feuilles de blanc : espacez les plants, arrosez au pied, et pulvérisez dès les premiers symptômes du lait écrémé dilué à 10 % ou une cuillère à soupe de bicarbonate par litre d’eau, une fois par semaine. Passé la mi-septembre, laissez faire, les fruits sont formés. Les limaces dévorent les jeunes plants : cloche les premières semaines, ramassage le soir, plants bien développés. Par temps froid et pluvieux en juin, les fleurs femelles avortent faute de pollinisateurs : pollinisez à la main le matin avec une fleur mâle effeuillée, en la frottant sur le pistil.
Au fil de la saison
Fin avril, semis à l’intérieur et préparation des buttes de compost. Vers le 20 mai, plantation sous cloche et paillage. Juin, pincement de la tige principale, surveillance des limaces, pollinisation manuelle si le temps est maussade. Juillet, guidage des lianes, pincement après les fruits, premier purin de consoude. Août, tuiles sous les fruits, limitation à trois ou quatre fruits, arrosages copieux, lutte contre l’oïdium. Début septembre, arrêt des purins, réduction de l’eau, retrait des feuilles qui ombragent les fruits pour qu’ils colorent. Fin septembre à mi-octobre, récolte avant la première gelée annoncée.
Récolter et prolonger
La courge est mûre quand son pédoncule est sec et liégeux, que sa peau résiste à l’ongle et sonne creux, et que le feuillage jaunit. Chez nous, cela tombe entre la mi-septembre et la mi-octobre ; n’attendez jamais une gelée, même légère, qui compromet la conservation. Coupez au sécateur en gardant 5 à 8 cm de pédoncule et manipulez le fruit comme un œuf, sans jamais le porter par la queue. Laissez ensuite les courges dix à quinze jours au soleil ou dans une véranda, entre 20 et 25 °C, pour qu’elles cicatrisent et durcissent leur peau. Un fruit tombé avant maturité se consomme dans le mois.
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Aligner ses courges sur l’appui de fenêtre en octobre, c’est décorer la maison avec la fierté d’une saison réussie.
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