légume-fruit · Solanacées
TomateSolanum lycopersicum
Reine du potager d’été, la tomate récompense la patience par des fruits gorgés de soleil, incomparables avec ceux du commerce. Sous notre climat, elle demande un abri ou un coin bien exposé, mais chaque variété cultivée avec soin devient une petite fierté à partager en fin de saison.
- Difficulté
- Intermédiaire
- Exposition
- Plein soleil, à l’abri du vent
- Arrosage
- Régulier et copieux, au pied, sans mouiller le feuillage
- Sol
- Riche en compost, meuble, profond et bien drainé
- Espacement
- 50 cm sur le rang, 70 à 80 cm entre les rangs
- Récolte
- 60 à 80 jours après plantation
Calendrier · climat belge
Quand semer, planter, récolter
| Activité | Jan | Fév | Mar | Avr | Mai | Jui | Jui | Aoû | Sep | Oct | Nov | Déc |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Semis sous abri | oui | oui | oui | |||||||||
| Plantation | oui | oui | ||||||||||
| Récolte | oui | oui | oui | oui |
Pas à pas
1Semer
Semez de fin février à début avril, au chaud (20 à 24 °C), en terrine ou en godets remplis de terreau fin. Recouvrez les graines de cinq millimètres de terreau, tassez légèrement et maintenez humide sans détremper. La levée prend cinq à dix jours. Placez ensuite les plantules derrière la fenêtre la plus lumineuse ou sous une lampe horticole, sinon elles filent. Repiquez en godet individuel dès que deux vraies feuilles apparaissent, en enterrant la tige jusqu’aux cotylédons.
2Planter
Attendez la mi-mai en pleine terre, ou début mai sous serre froide. Endurcissez les plants une semaine dehors, à l’abri du vent. Creusez un trou profond, ajoutez une poignée de compost mûr et enterrez le plant jusqu’aux premières feuilles : la tige émet alors des racines supplémentaires. Installez tout de suite un tuteur solide d’au moins 1,50 m. Arrosez copieusement puis paillez avec de la paille ou des tontes séchées.
3Entretenir
Arrosez au pied, une à deux fois par semaine selon la chaleur, toujours en évitant le feuillage. Attachez la tige au tuteur avec un lien souple au fur et à mesure de la croissance. Pour les variétés à croissance indéterminée, supprimez les gourmands à l’aisselle des feuilles chaque semaine. Apportez du purin de consoude dilué à la floraison. Retirez les feuilles basses jaunies pour aérer le pied et limiter les maladies.
4Récolter
Cueillez les fruits bien colorés, légèrement souples sous le doigt, de juillet aux premières gelées. Tournez doucement le fruit pour le détacher avec son pédoncule. En fin de saison, vers la mi-septembre, étêtez les plants et supprimez les nouvelles fleurs pour concentrer l’énergie sur les fruits déjà formés. Avant les gelées, récoltez toutes les tomates vertes : elles mûriront à l’intérieur, dans une cagette sombre.
5Conserver
Ne mettez jamais les tomates mûres au frigo, elles y perdent tout leur parfum. Gardez-les à température ambiante, à l’ombre, et consommez-les dans la semaine. Pour l’hiver, faites des coulis ou des sauces stérilisés en bocaux, ou congelez les tomates entières, simplement lavées : la peau s’enlève ensuite d’un geste sous l’eau froide. Les tomates séchées au four doux, conservées dans l’huile, sont un régal.
Pour aller plus loin
Bien planter, bien entretenir
Bien planter
Choisir l’emplacement
La tomate veut au moins six heures de soleil direct par jour et, sous notre climat, un abri contre la pluie fait toute la différence. Le meilleur poste est une serre froide, un tunnel ou un simple auvent transparent adossé à un mur orienté sud ou sud-ouest, qui restitue la chaleur la nuit. Évitez les couloirs de vent et les fonds de jardin où l’air froid stagne au petit matin. Ne replantez pas au même endroit deux années de suite, ni après des pommes de terre, pour ne pas entretenir le mildiou dans le sol. Prévoyez l’accès : vous passerez voir vos plants tous les deux ou trois jours.
Préparer le sol
Dès l’automne ou au plus tard en mars, décompactez la planche à la grelinette sur vingt-cinq centimètres sans retourner les couches, puis incorporez en surface trois à cinq kilos de compost mûr par mètre carré. Dans une terre argileuse belge, ajoutez un seau de sable grossier ou de compost de feuilles pour améliorer le drainage. Un paillage d’hiver, retiré quinze jours avant plantation, laisse le sol se réchauffer. Ne mettez jamais de fumier frais : il brûle les racines et attire les maladies. Une poignée de cendres de bois tamisées par pied apporte la potasse qui colore et sucre les fruits.
Semer au bon moment
Sans lampe horticole, ne semez pas avant la mi-mars : en février, la lumière de nos fenêtres est trop faible et les plants filent, pâles et fragiles. Un semis du 10 au 25 mars, derrière une vitre plein sud ou sous une réglette de LED placée à dix centimètres des feuilles, donne des plants trapus juste à temps pour la mi-mai. Choisissez deux ou trois variétés complémentaires : une cerise précoce, une tomate à sauce, une grosse à chair. Étiquetez chaque godet, les plantules se ressemblent toutes. Tournez les godets d’un quart de tour chaque jour pour éviter que les tiges ne penchent.
Repiquer et planter
Un bon plant mesure vingt à trente centimètres, porte une tige épaisse comme un crayon et parfois son premier bouquet floral. Pendant sept à dix jours, sortez-le dehors le jour, rentrez-le la nuit, afin qu’il s’endurcisse. Plantez le soir ou par temps couvert, dans un trou de vingt centimètres enrichi d’une poignée de compost. Retirez les feuilles du bas et couchez le plant en biais ou enterrez la tige jusqu’aux premières feuilles : chaque poil devient une racine. Arrosez avec trois litres d’eau au moins, puis attendez quelques jours avant tout nouvel arrosage pour forcer les racines à descendre.
En pot ou en bac
Sur un balcon, la tomate réussit très bien à condition de lui offrir un contenant d’au moins vingt litres par pied, trente pour une variété vigoureuse, percé au fond et posé sur des cales. Remplissez d’un mélange de deux tiers de terreau de qualité et d’un tiers de compost, avec une couche de billes d’argile ou de gravier au fond. Les variétés naines ou déterminées, comme les tomates cerises de balcon, se contentent d’un pot plus modeste et d’un tuteur court. En pot, le substrat sèche vite : comptez un arrosage quotidien en juillet, et un apport d’engrais liquide tous les quinze jours dès la floraison.
Les erreurs du débutant
Planter début mai parce qu’il fait beau : une seule nuit à 3 °C freine le plant pour trois semaines. Serrer les pieds à trente centimètres : le feuillage reste humide, le mildiou s’installe et les fruits manquent de lumière. Installer le tuteur après la plantation : on transperce les racines. Arroser un peu chaque soir plutôt que copieusement une ou deux fois par semaine : les racines restent en surface et souffrent à la première chaleur. Semer trop tôt sans lumière suffisante, oublier d’étiqueter, ou vouloir vingt pieds la première année alors que six plants bien suivis nourrissent une famille.
Bien entretenir
Arroser juste
La tomate préfère des arrosages espacés et abondants : en pleine terre, cinq à dix litres par pied une fois par semaine, deux fois en canicule, apportés lentement au pied pour que l’eau descende. Un pot de terre cuite enterré ou une bouteille retournée près de la tige dirige l’eau vers les racines. Arrosez le matin de préférence, jamais sur les feuilles, et ne laissez pas le sol alterner sécheresse et détrempe : c’est la cause du cul noir et des fruits qui éclatent. En fin d’été, réduisez progressivement les apports, cela concentre les sucres. Sous serre, une eau à température ambiante est mieux acceptée.
Pailler et nourrir
Dès que le sol est bien réchauffé, vers début juin, étalez huit à dix centimètres de paille, de tontes séchées ou de foin autour des pieds, sans toucher la tige. Ce paillis garde la fraîcheur, évite les éclaboussures qui propagent le mildiou et nourrit les vers de terre. Côté nourriture, la tomate a surtout besoin de potasse à partir de la floraison : un purin de consoude dilué à 10 %, tous les quinze jours, ou un engrais organique pour tomates. Trop d’azote donne un feuillage luxuriant et peu de fruits. Des feuilles de consoude posées sous le paillis se décomposent en libérant lentement leurs minéraux.
Tailler, tuteurer, pincer
Attachez la tige au tuteur tous les vingt centimètres, avec un lien souple en huit qui laisse la place de grossir. Sur les variétés indéterminées, supprimez chaque semaine les gourmands qui naissent à l’aisselle des feuilles, quand ils font trois à cinq centimètres, en les pinçant proprement entre deux ongles par temps sec. Conduire sur une seule tige donne des fruits plus gros et plus précoces ; deux tiges augmentent la quantité. Les variétés cerises et déterminées se taillent peu. Vers la mi-août en plein air, fin août sous serre, coupez la tête au-dessus du cinquième ou sixième bouquet : les fruits suivants n’auraient pas le temps de mûrir.
Prévenir les maladies et ravageurs
Le mildiou reste l’ennemi numéro un lors de nos étés humides. Aérez au maximum, espacez les plants, retirez les feuilles basses jusqu’au premier bouquet et gardez le feuillage sec. Par temps orageux, pulvérisez une décoction de prêle ou du bicarbonate de soude à 5 g par litre avec une goutte de savon noir, tous les dix jours. Sous serre, ouvrez portes et lucarnes dès le matin. Contre les pucerons, du savon noir dilué à 5 % et des œillets d’Inde entre les pieds. La chenille de la noctuelle se ramasse à la main le soir. Désinfectez sécateur et tuteurs d’une saison à l’autre.
Au fil de la saison
Mars : semis au chaud et repiquage en godets. Avril : endurcissement progressif, préparation de la planche. Mi-mai : plantation, tuteurage, premier arrosage copieux. Juin : paillage, premier lien, début de la suppression des gourmands, retrait des feuilles basses. Juillet : arrosages hebdomadaires, purin de consoude tous les quinze jours, surveillance du mildiou après chaque orage. Août : étêtage, effeuillage léger autour des grappes pour les exposer au soleil, réduction de l’arrosage. Septembre : récolte maximale, suppression des nouvelles fleurs. Octobre : récolte des fruits verts avant les gelées, arrachage et évacuation des fanes hors du compost.
Récolter et prolonger
Cueillez le matin, à pleine couleur, quand le fruit se détache facilement en le tournant. Une tomate cueillie tournante, à peine rosée, mûrit sans perdre de saveur à la cuisine, ce qui soulage le plant et évite l’éclatement après un orage. Sous serre, la récolte se prolonge souvent jusqu’à la Toussaint si vous fermez le soir et gardez le feuillage sec. Avant la première gelée annoncée, arrachez les pieds entiers avec leurs fruits verts et suspendez-les la tête en bas dans un garage : les tomates finissent de mûrir sur la plante. Quelques pommes dans la cagette accélèrent le mûrissement grâce à l’éthylène.
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Bien vivre
Cueillir une tomate encore tiède de soleil et la croquer sur place est l’un de ces petits bonheurs qui donnent tout son sens au potager.
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