aromatique · Lamiacées
ThymThymus vulgaris
Petit arbrisseau du Midi, le thym s’acclimate très bien chez nous à condition d’avoir du soleil et un sol qui draine. Une fois installé, il ne demande rien, se cueille toute l’année et fleurit en juin pour les abeilles. C’est l’herbe des ragoûts, des rôtis et des tisanes d’hiver.
- Difficulté
- Facile
- Exposition
- Plein soleil
- Arrosage
- Très modéré ; seulement à la plantation et en cas de sécheresse prolongée la première année.
- Sol
- Sol pauvre, léger, calcaire, très bien drainé ; redoute l’humidité stagnante de l’hiver.
- Espacement
- 30 cm entre plants.
- Récolte
- Première cueillette 3 à 4 mois après la plantation.
Calendrier · climat belge
Quand semer, planter, récolter
| Activité | Jan | Fév | Mar | Avr | Mai | Jui | Jui | Aoû | Sep | Oct | Nov | Déc |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Semis sous abri | oui | oui | ||||||||||
| Semis en pleine terre | oui | oui | ||||||||||
| Plantation | oui | oui | oui | oui | ||||||||
| Récolte | oui | oui | oui | oui | oui | oui | oui | oui | oui | oui | oui | oui |
Pas à pas
1Semer
Semez en mars-avril sous abri ou en avril-mai à l’extérieur, en terrine ou en godets, sur un terreau léger mélangé de sable. Les graines sont minuscules : posez-les en surface, tassez et couvrez d’un voile de sable fin. Levée en deux à trois semaines à 18 °C. Le semis est lent ; la bouture de juin ou l’achat d’un plant donnent un résultat plus rapide.
2Planter
Plantez en avril-mai ou en septembre-octobre, tous les 30 cm, en plein soleil, dans un trou allégé de sable ou de gravier, sans compost. Tassez et arrosez une fois pour la reprise. Le thym se plaît en bordure de dallage, en rocaille, dans une spirale d’aromatiques ou dans un pot en terre cuite avec des tessons au fond. Les plants achetés se divisent facilement.
3Entretenir
Désherbez autour des jeunes plants et arrosez seulement par sécheresse la première année. Ensuite, laissez-le tranquille : ni engrais, ni arrosage. Taillez légèrement après la floraison, en juillet, sans couper dans le vieux bois, pour garder une touffe compacte qui ne se dégarnit pas. Un paillage minéral de gravier au pied limite l’humidité au collet en hiver.
4Récolter
Coupez des brins de 5 à 10 cm aux ciseaux, tout au long de l’année, en prélevant sur toute la touffe plutôt qu’à un seul endroit. Le parfum est maximal juste avant et pendant la floraison, en juin : c’est le moment de faire la récolte de l’année pour le séchage, un matin sec, une fois la rosée partie. Évitez de trop dégarnir la plante en fin d’hiver.
5Conserver
Le thym est l’une des rares herbes qui gagnent au séchage : suspendez les bouquets tête en bas dans une pièce sombre et aérée, puis effeuillez dans un bocal fermé, à l’abri de la lumière, pour un an de parfum. Il se congèle aussi en brins. Frais, il tient une semaine au frigo. Quelques branches dans une bouteille d’huile ou de vinaigre les parfument durablement.
Pour aller plus loin
Bien planter, bien entretenir
Bien planter
Choisir l’emplacement
Le thym veut ce que notre climat offre le moins : du soleil toute la journée et un sol qui ne retient pas l’eau. Donnez-lui l’endroit le plus chaud et le plus sec du jardin, un talus exposé au sud, le haut d’une rocaille, le sommet d’une spirale d’aromatiques, le pied d’un mur clair, la bordure d’une terrasse dallée dont les pierres lui restituent la chaleur. Fuyez les bas-fonds, les argiles compactes et l’ombre des arbres, où il végète puis pourrit l’hiver. Loin des plantes gourmandes en eau, il s’entend bien avec le romarin, la sauge, la lavande et les fraisiers.
Préparer le sol
Le thym pousse dans la garrigue : n’apportez ni compost ni fumier, qui le rendraient mou et sans parfum. Dans nos terres limoneuses ou argileuses, creusez un trou de 30 cm, mélangez la terre extraite à volume égal avec du sable grossier, du gravier fin ou des éclats de brique, et remontez l’ensemble en une butte de 10 à 15 cm au-dessus du niveau du sol. Une poignée de chaux ou de cendres de bois lui rappelle ses sols calcaires d’origine. Une couche de gravier en surface, autour du collet, terminera le travail après la plantation en tenant l’humidité à distance.
Semer ou bouturer
Le semis est possible en mars-avril à l’intérieur, à 18 °C, en terrine de terreau mélangé de moitié de sable ; les graines minuscules se posent en surface et se couvrent d’un voile de sable. Levée en deux à trois semaines, plants prêts à sortir en juin, récolte l’année suivante. Plus rapide et plus fidèle, la bouture se fait en juin : prélevez des extrémités de 8 cm non fleuries, effeuillez la moitié inférieure, piquez-les en godet de sable humide sous un sachet, à l’ombre ; elles s’enracinent en trois semaines. Le marcottage d’une branche basse couchée et recouverte de terre est encore plus simple.
Choisir le plant
En jardinerie, choisissez un plant compact, ramifié depuis la base, au feuillage dense et sans tiges nues, dans un pot dont les racines ne sortent pas encore. Un thym haut et dégarni, forcé en serre chauffée, s’installera mal. Frottez une feuille : le parfum doit être franc. Le thym commun, Thymus vulgaris, est le plus rustique et le plus culinaire ; le thym citron, un peu moins résistant, mérite un pot à rentrer sous l’avant-toit ; le serpolet rampant tapisse une rocaille. Un plant de jardinerie se divise souvent en deux ou trois à la plantation, ce qui fait une bordure à moindre coût.
Planter en butte
Plantez en avril-mai, quand la terre se réchauffe, ou en septembre pour laisser l’automne installer les racines avant l’hiver, tous les 30 cm. Faites un trou dans la butte préparée, dépotez, démêlez les racines qui tournent, et posez le plant de sorte que le collet ressorte légèrement au-dessus du sol. Refermez avec le mélange sableux, tassez fermement et arrosez une seule fois, deux litres, pour la reprise. Étalez ensuite 2 cm de gravier ou de sable autour du pied. Les jeunes plants de printemps réclament un arrosage hebdomadaire s’il fait sec jusqu’en juillet, puis plus rien.
En pot de terre cuite
Le pot est souvent le meilleur choix en Belgique, parce qu’il permet de placer le thym au sec sous un avant-toit ou contre un mur sud. Choisissez la terre cuite, qui respire, un pot de 20 cm au moins, percé, avec 5 cm de tessons ou de billes d’argile au fond. Remplissez d’un mélange de moitié terreau et moitié sable grossier ou terre de jardin allégée, sans compost. Pas de soucoupe. Arrosez quand le mélange est sec en profondeur, une fois par semaine en été, presque jamais en hiver. Rempotez tous les trois ans en mars dans un pot à peine plus grand.
Les erreurs du débutant
La plus commune est de traiter le thym comme un légume : compost, terreau riche, arrosage quotidien, soucoupe pleine. Il meurt en un hiver, noyé plutôt que gelé. La seconde est de le planter dans une terre argileuse sans l’alléger, en plein niveau, dans un coin humide. La troisième est de laisser une touffe vieillir sans taille, jusqu’à ce qu’elle se dégarnisse du centre et ne reparte plus. Enfin, rentrer le thym au chaud l’hiver le fait dépérir : il a besoin de fraîcheur et de lumière, pas de chauffage. Un pot sous l’avant-toit, dehors, passe l’hiver bien mieux qu’une cuisine.
Bien entretenir
Arroser presque jamais
Un thym installé depuis un an ne s’arrose plus en pleine terre, même durant nos canicules d’août : ses racines profondes et ses feuilles minuscules sont faites pour la sécheresse, et un arrosage estival favorise surtout les pourritures du collet. Seul le jeune plant, la première saison, reçoit un litre par semaine si le temps est sec. En pot, attendez que le mélange soit sec sur toute sa profondeur, en soulevant le pot pour en juger le poids : une fois par semaine en été, une fois par mois en hiver, le matin, sans mouiller le feuillage. Un thym gris et mou a trop d’eau, jamais trop peu.
Pailler minéral, ne pas nourrir
Le seul paillage qui convienne au thym est minéral : gravier, sable grossier, éclats d’ardoise ou pouzzolane sur 2 à 3 cm, qui tiennent le collet au sec, réfléchissent la chaleur et empêchent les éclaboussures de terre. Les paillis organiques, tontes, paille ou feuilles, retiennent l’humidité et le font pourrir en hiver. Aucun engrais n’est nécessaire ; un thym nourri produit de longues tiges molles peu parfumées. Tout au plus, tous les deux ou trois ans en mars, une poignée de cendres de bois ou de chaux au pied entretient le calcaire qu’il apprécie. Désherbez à la main, sans biner profond, pour ne pas blesser les racines superficielles.
Tailler pour garder la touffe
La taille est le seul entretien qui compte. Après la floraison, en juillet, rabattez toute la touffe d’un tiers aux cisailles, en arrondi, en restant toujours dans les parties feuillées : le thym ne repart pas sur le vieux bois nu. Une seconde taille légère en septembre, sans toucher au bois, resserre la touffe avant l’hiver. Ne taillez jamais en fin d’automne ni en hiver, les plaies gèleraient. Malgré ce soin, un pied se dégarnit après cinq ou six ans : préparez la relève en bouturant chaque juin quelques extrémités, ou en marcottant les branches basses, pour remplacer les vieux pieds au fur et à mesure.
Prévenir les maladies et ravageurs
Le thym n’a pratiquement pas de ravageurs, son parfum les écarte. Sa seule vraie menace est la pourriture des racines et du collet lors de nos hivers pluvieux, qui se prévient par la butte, le sable, le gravier et l’absence totale de compost. Un feuillage qui brunit par plaques en février signale un excès d’eau ou une neige lourde restée trop longtemps ; taillez les parties mortes en avril et laissez repartir. Les limaces boudent le thym adulte mais grignotent les boutures. Des cochenilles farineuses apparaissent parfois sur un pot rentré au chaud ; un coton imbibé d’alcool ou une pulvérisation de savon noir suffisent.
Au fil de la saison
Mars, nettoyage des rameaux morts, rempotage éventuel, un peu de chaux. Avril-mai, plantation des nouveaux pieds, arrosage des jeunes plants seulement. Juin, floraison, visite des abeilles, grande récolte pour le séchage juste avant l’ouverture des fleurs, boutures de la relève. Juillet, taille d’un tiers après floraison. Août, rien, sinon cueillir. Septembre, plantation d’automne, taille légère de mise en forme. Octobre, mise à l’abri des pots sous l’avant-toit, sur des cales. Novembre à février, cueillettes ponctuelles par temps sec ; un voile posé sur les pieds en pleine terre lors d’un gel annoncé sous -12 °C, retiré dès le redoux.
Récolter et hiverner
Cueillez toute l’année, aux ciseaux, des brins de 5 à 10 cm prélevés en tournant autour de la touffe, sans jamais dégarnir un seul côté ni descendre dans le bois. La récolte de conservation se fait un matin sec de juin, juste avant la pleine floraison, quand les huiles essentielles sont au maximum. En hiver, le thym reste vert et se cueille par temps sec, mais réduisez les prélèvements de décembre à février, car il ne repousse pas. Le thym commun résiste à -15 °C en sol drainé ; le thym citron s’arrête vers -8 °C et passe l’hiver en pot, sous l’avant-toit ou dans un garage clair et froid, arrosé une fois par mois.
Se procurer des semences ou des plants
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Bien vivre
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