légumineuse · Fabacées
Haricot vert (haricot nain)Phaseolus vulgaris
Le haricot nain est une valeur sûre : semé directement en terre dès que le sol est tiède, il produit en deux mois des gousses fines et croquantes. En échelonnant les semis jusqu’à la mi-juillet, on récolte sans interruption de juillet à octobre, et le sol en sort enrichi d’azote.
- Difficulté
- Facile
- Exposition
- Plein soleil
- Arrosage
- Modéré jusqu’à la floraison, puis régulier, au pied
- Sol
- Léger, meuble, réchauffé, sans fumure fraîche
- Espacement
- Poquets tous les 40 cm, rangs espacés de 50 cm
- Récolte
- 55 à 70 jours après semis
Calendrier · climat belge
Quand semer, planter, récolter
| Activité | Jan | Fév | Mar | Avr | Mai | Jui | Jui | Aoû | Sep | Oct | Nov | Déc |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Semis en pleine terre | oui | oui | oui | |||||||||
| Récolte | oui | oui | oui | oui |
Pas à pas
1Semer
Semez en pleine terre à partir de la mi-mai, quand le sol est réchauffé, et renouvelez toutes les deux ou trois semaines jusqu’à la mi-juillet. Semez en poquets de cinq à six graines espacés de quarante centimètres, à trois centimètres de profondeur, ou en ligne, une graine tous les huit centimètres. Tremper les graines quelques heures accélère la levée, qui prend une semaine à dix jours. Protégez les semis des pigeons et des limaces avec un filet ou une cloche.
2Planter
Le haricot se sème en place et supporte mal la transplantation, mais un semis en godets sous abri fin avril, planté à la mi-mai, permet de gagner deux semaines et d’échapper aux limaces. Plantez alors les mottes entières, sans démêler les racines, dans un sol ameubli et exempt de fumure fraîche : trop d’azote donne du feuillage au détriment des gousses. Arrosez et buttez légèrement quand les plants atteignent quinze centimètres.
3Entretenir
Binez et sarclez régulièrement entre les rangs, puis buttez légèrement les pieds pour les stabiliser et favoriser les racines. Arrosez modérément jusqu’à la floraison, puis plus généreusement dès que les gousses se forment, toujours au pied : mouiller le feuillage favorise les maladies. Un paillage léger garde la fraîcheur. Le haricot n’a pas besoin d’engrais, il fixe lui-même l’azote de l’air grâce aux nodosités de ses racines.
4Récolter
Récoltez les gousses jeunes et fines, avant que les grains ne se marquent, environ deux mois après le semis. Passez tous les deux ou trois jours, de préférence le matin quand les gousses sont croquantes. Tenez la tige d’une main et pincez la gousse de l’autre pour ne pas arracher le pied. Une cueillette régulière prolonge la production sur trois à quatre semaines par semis. Les gousses oubliées peuvent être laissées mûrir pour les grains secs.
5Conserver
Fraîchement cueillis, les haricots se gardent trois ou quatre jours au frigo dans un linge humide. Pour l’hiver, la congélation est la méthode la plus simple : équeutez, blanchissez trois minutes à l’eau bouillante, refroidissez dans l’eau glacée, séchez et congelez à plat avant de mettre en sachets. La stérilisation en bocaux fonctionne bien aussi. La lacto-fermentation donne des haricots croquants et acidulés.
Pour aller plus loin
Bien planter, bien entretenir
Bien planter
Choisir l’emplacement
Le haricot nain se plaît en plein soleil, dans un coin qui se réchauffe vite et où l’air circule pour sécher rapidement le feuillage après la pluie. Évitez les creux froids et les ombres portées des haies ou des rangs de pommes de terre. Il apprécie de suivre un légume gourmand, chou, courge ou poireau, qui a laissé un sol propre et épuisé en azote : il le fixe lui-même grâce à ses racines. Ne le placez pas près des oignons, de l’ail ou du poireau, avec lesquels il s’entend mal, et attendez trois ans avant de le remettre au même endroit.
Préparer le sol
Le haricot demande une terre meuble, réchauffée et sans fumure fraîche. En avril, décompactez la planche à la grelinette, cassez les mottes et ratissez pour obtenir une surface fine. Un compost très mûr, une pelletée par mètre carré, suffit largement ; trop de matière organique fraîche donne un feuillage exubérant et peu de gousses. Dans les terres argileuses belges, qui restent froides et collantes en mai, semez sur une planche légèrement surélevée allégée de sable, ou couvrez le sol d’un voile ou d’un film noir dix jours avant le semis pour gagner les quelques degrés qui décident de la levée.
Semer au bon moment
La règle en Belgique : pas avant le 15 mai en pleine terre, et seulement si le sol dépasse 12 °C, ce que vérifie un thermomètre de cuisine planté cinq centimètres dans la terre le matin. Dans un sol froid et humide, la graine pourrit en une semaine. Semez ensuite tous les quinze jours jusqu’au 15 juillet : chaque semis donne trois à quatre semaines de récolte, l’échelonnement assure une cueillette continue jusqu’en octobre. Semez le matin d’une journée douce, en sillons de trois centimètres, une graine tous les huit centimètres ou en poquets de cinq graines tous les quarante. Ne trempez la graine que quelques heures, jamais une nuit entière.
Repiquer et planter
Un semis en godets ou en plaques alvéolées sous abri froid vers le 25 avril, planté le 15 mai à trois ou quatre feuilles, offre deux avantages précieux : deux semaines d’avance et des plants trop grands pour que les limaces les rasent. Semez trois graines par godet et plantez la touffe entière, sans démêler, tous les trente centimètres, le collet au niveau du sol. Arrosez à la plantation puis attendez : le haricot n’aime pas les pieds mouillés au démarrage. Cette méthode convient aussi pour combler un trou dans un rang semé directement, où quelques graines ont manqué.
En pot ou en bac
Le haricot nain est l’un des légumes les plus faciles à cultiver sur un balcon ensoleillé. Une jardinière de quarante centimètres de long et vingt-cinq de profondeur, soit une vingtaine de litres, accueille six à huit plants et donne deux ou trois récoltes de deux poignées. Utilisez un terreau ordinaire additionné d’un peu de compost, sans engrais azoté, et semez directement en place fin mai, deux graines tous les dix centimètres. Arrosez régulièrement dès la floraison, le substrat sèche vite en juillet. Un second semis dans une deuxième jardinière trois semaines plus tard assure la continuité. Les variétés à rames en pot réclament un support solide et un volume double.
Les erreurs du débutant
Semer début mai après trois jours de beau temps, et voir les graines pourrir ou lever à moitié. Semer tout en une fois et récolter dix kilos en quinze jours, puis plus rien. Enrichir généreusement au fumier et récolter des feuilles. Arroser abondamment dès le semis, ce qui fait pourrir la graine et attire les limaces. Oublier le filet contre les pigeons, qui déterrent les graines et coupent les cotylédons. Semer trop profond dans une terre lourde. Ne pas ramasser les limaces le soir après le semis. Toucher les plants mouillés, ce qui propage anthracnose et rouille de rang en rang.
Bien entretenir
Arroser juste
Jusqu’à la floraison, le haricot se contente presque des pluies : un arrosage tous les huit ou dix jours par temps sec suffit, les racines descendent chercher l’eau. Dès l’apparition des fleurs et surtout pendant le grossissement des gousses, arrosez copieusement, cinq à huit litres par mètre de rang deux fois par semaine, au pied et le matin. Un manque d’eau à ce stade fait avorter les fleurs et donne des gousses filandreuses. Ne mouillez jamais le feuillage, l’humidité sur les feuilles propage les maladies, et ne travaillez pas entre les rangs quand ils sont mouillés.
Pailler et nourrir
Aucun engrais n’est nécessaire : les nodosités des racines fixent l’azote de l’air, et un sol trop riche nuit à la récolte. Vous pouvez tout au plus apporter un peu de compost mûr au semis dans une terre pauvre. Une fois les plants hauts de quinze centimètres et buttés, étalez un paillis léger de tontes séchées ou de paille hachée sur quatre à cinq centimètres : il garde la fraîcheur en juillet, limite le désherbage et évite que la terre n’éclabousse les gousses. Ne paillez pas plus tôt, les limaces s’y cachent et le sol resterait froid.
Biner, butter, soutenir
Binez une première fois dès que les plants ont deux vraies feuilles, en surface pour ne pas blesser les racines, puis buttez légèrement quand ils atteignent quinze centimètres : ramenez trois ou quatre centimètres de terre autour des tiges. Ce buttage ancre les pieds contre le vent, favorise de nouvelles racines et tient les gousses hors de la terre. Un second binage trois semaines après suffit avant que le feuillage ne couvre le sol. Les variétés naines n’ont besoin d’aucun tuteur ; les rangs très chargés peuvent être soutenus par une ficelle tendue entre deux piquets, de part et d’autre.
Prévenir les maladies et ravageurs
Les limaces sont le premier danger, sur les plantules seulement : ramassez-les à la lampe frontale les trois premiers soirs, posez une cloche ou un cerclage de cendres sèches. Contre les pigeons, un filet ou des fils tendus au-dessus du rang jusqu’à la troisième feuille. Les pucerons noirs colonisent les pointes en juillet : pincez les extrémités atteintes et pulvérisez du savon noir dilué à 5 %. La rouille et l’anthracnose, taches orangées ou brunes par temps humide, se préviennent en espaçant les rangs, en ne mouillant pas le feuillage et en ne touchant pas les plants humides. Arrachez les pieds atteints et ne compostez pas.
Au fil de la saison
Fin avril : semis en godets sous abri froid pour les impatients. Mi-mai : premier semis en place, filet anti-pigeons, ronde anti-limaces. Fin mai et mi-juin : second et troisième semis. Juin : binage, buttage à quinze centimètres, paillage léger. Début juillet : floraison du premier semis, arrosages réguliers ; dernier semis vers le 15. Mi-juillet : première récolte, cueillette tous les deux jours. Août : récoltes en cascade, pincement des pointes envahies de pucerons, surveillance de la rouille après les orages. Septembre : récolte des semis de juillet, arrêt de l’arrosage. Octobre : dernières gousses, coupe des tiges au ras du sol en laissant les racines.
Récolter et prolonger
Cueillez le matin, tous les deux ou trois jours, des gousses fines et cassantes, avant que les grains ne dessinent des bosses. Tenez la tige d’une main et pincez la gousse de l’autre pour ne pas arracher le pied. Plus vous cueillez, plus la plante fleurit : un rang bien suivi produit trois à quatre semaines. Le vrai secret pour récolter jusqu’aux gelées reste le semis échelonné jusqu’au 15 juillet, éventuellement complété par un semis du 25 juillet sous voile dans une région douce. En fin de saison, laissez les dernières gousses mûrir sur pied : les grains secs se gardent tout l’hiver et fournissent la semence de l’an prochain.
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Le haricot vert est léger, riche en fibres, en vitamine B9 et en minéraux comme le manganèse et le potassium. Cuit al dente, il garde couleur et vitamines.
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Cuits huit minutes à l’eau bouillante salée, rafraîchis, puis sautés à la poêle avec de l’ail, du persil et un peu de beurre, ils accompagnent tout l’été.
Bien vivre
Équeuter les haricots à plusieurs sur la table de la cuisine, un soir de juillet, est un de ces gestes lents qui rassemblent.
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