légumineuse · Fabacées

Petit poisPisum sativum

Le petit pois aime le frais et se sème dès que la terre se laisse travailler, souvent en mars chez nous. Il occupe le potager au printemps et libère la place en juillet, sol enrichi. Écossés et mangés crus au jardin, ses grains sucrés ne connaissent aucun équivalent en magasin.

Petit pois (Pisum sativum)
Photo : Renee Comet (photographer) AV Number: AV-9400-4164, domaine public · Wikimedia Commons
Difficulté
Facile
Exposition
Soleil ou mi-ombre légère
Arrosage
Modéré, plus soutenu à la floraison et à la formation des gousses
Sol
Frais, meuble, plutôt calcaire, sans fumure fraîche
Espacement
3 cm sur le rang, rangs doubles espacés de 60 cm
Récolte
70 à 90 jours après semis

Calendrier · climat belge

Quand semer, planter, récolter

Activité Jan Fév Mar Avr Mai Jui Jui Aoû Sep Oct Nov Déc
Semis sous abri oui
Semis en pleine terre oui oui oui
Plantation oui oui
Récolte oui oui oui

Pas à pas

1Semer

Semez en pleine terre dès mars, quand le sol n’est plus détrempé, et jusqu’en mai pour échelonner. Tracez un sillon de trois à quatre centimètres de profondeur et déposez une graine tous les trois centimètres, ou en poquets de cinq graines tous les vingt centimètres. Les variétés à grains ronds supportent le froid mieux que les ridées, plus sucrées, à réserver pour avril. Protégez des pigeons et des mulots avec un filet ou des branchages.

2Planter

Un semis en godets ou en gouttière sous abri en février, transplanté en mars, met le petit pois à l’abri des rongeurs et des pigeons qui déterrent les graines. Plantez les jeunes plants de dix centimètres sans déranger les racines, en lignes doubles espacées de vingt centimètres. Installez aussitôt les rames : branchages, grillage ou filet tendu entre des piquets, d’une hauteur adaptée à la variété, de soixante centimètres à plus d’un mètre cinquante.

3Entretenir

Buttez légèrement les plants quand ils atteignent dix centimètres pour les stabiliser, puis guidez les vrilles vers les supports. Binez entre les rangs et paillez avant les chaleurs pour garder la fraîcheur du sol. Arrosez peu jusqu’à la floraison, puis régulièrement dès que les gousses se forment, au pied. Aucun engrais azoté n’est utile, la plante s’en charge. Retirez les pieds atteints d’oïdium en fin de culture.

4Récolter

Récoltez de juin à début août, selon la date de semis, quand les gousses sont bien remplies mais encore lisses et vert clair. Une gousse bosselée et mate contient des grains farineux. Cueillez tous les deux jours, en tenant la tige d’une main et en pinçant la gousse de l’autre. Commencez par le bas de la plante. Les mange-tout se récoltent plus tôt, quand les grains commencent à peine à se dessiner.

5Conserver

Le sucre des petits pois se transforme en amidon dès la cueillette : mangez-les le jour même ou écossez-les et congelez-les sans attendre, après un blanchiment d’une minute. Ils se gardent ainsi un an sans perte de saveur. En bocaux stérilisés, ils tiennent aussi, mais moins tendres. Après la récolte, laissez les racines en terre, elles restituent l’azote au sol pour la culture suivante.

Pour aller plus loin

Bien planter, bien entretenir

Bien planter

Choisir l’emplacement

Le petit pois est un légume de printemps frais : il grandit entre 10 et 20 °C et souffre dès que juillet chauffe. Choisissez une planche ensoleillée en mars, mais qui n’est pas le coin le plus brûlant du jardin en juin ; une ombre légère l’après-midi lui convient. Le sol doit se ressuyer vite : une terre qui reste gorgée d’eau après les pluies de mars fait pourrir les graines. Orientez les rangs nord-sud pour que les rames n’ombragent pas les voisins. Évitez la proximité des oignons et de l’ail, et respectez trois ans avant de revenir au même endroit.

Préparer le sol

Le petit pois se contente d’un sol moyennement riche, à condition qu’il soit meuble et pas trop acide. Préparez la planche dès l’automne en décompactant à la grelinette, puis couvrez-la de feuilles mortes ou d’un paillis que vous retirerez en février pour laisser la terre se réchauffer. Un compost mûr, une pelletée par mètre carré, suffit ; le fumier frais est proscrit. Dans les sols lourds et acides des Ardennes ou du Condroz, une poignée de chaux ou de cendres de bois par mètre carré à l’automne améliore nettement la levée. Ratissez fin avant le semis pour tracer des sillons réguliers.

Semer au bon moment

Semez dès que la terre se laisse travailler sans coller aux bottes, souvent entre le 5 et le 20 mars en Belgique, avec une variété à grains ronds, rustique. Les variétés à grains ridés, plus sucrées, se sèment à partir d’avril. Échelonnez trois semis à quinze jours d’intervalle jusqu’à mi-mai ; au-delà, la chaleur de juillet durcit les grains et l’oïdium gagne. Tracez des sillons de quatre centimètres de profondeur et déposez une graine tous les trois centimètres, en rangs jumelés espacés de vingt centimètres, avec soixante centimètres entre chaque paire. Semez dans un sol ressuyé, sans arroser ensuite si la terre est humide.

Repiquer et planter

Si les pigeons et les mulots vident vos rangs, semez sous abri froid en février dans une gouttière de PVC remplie de terreau, une graine tous les trois centimètres. Trois semaines plus tard, quand les plants font huit à dix centimètres, creusez un sillon de la même section dans la planche et faites glisser d’un seul tenant le contenu de la gouttière dedans : les racines ne sont pas dérangées. Cette méthode donne quinze jours d’avance et un rang parfait. Plantez ensuite les rames aussitôt, avant que les vrilles ne cherchent leur support, et tassez la terre au pied pour ancrer les plants.

En pot ou en bac

Sur un balcon frais, les petits pois nains comme les mange-tout se cultivent bien en jardinière profonde de trente centimètres au moins, soit vingt-cinq à trente litres pour quinze plants. Semez dès mars, une graine tous les quatre centimètres sur deux lignes, dans un terreau ordinaire sans engrais. Installez des branchages, un treillis ou un filet fixé au garde-corps dès la levée. Arrosez régulièrement à partir de la floraison, car le substrat sèche vite. Une jardinière produit deux ou trois cueillettes, un plaisir plutôt qu’une réserve, mais les pousses vertes se mangent aussi en salade, ce qui justifie largement la place.

Les erreurs du débutant

Semer dans une terre détrempée : les graines pourrissent avant de lever. Attendre mai pour semer, et récolter en pleine canicule des grains durs. Oublier les rames ou les poser quand les plants s’effondrent déjà, ce qui casse les tiges. Semer un rang isolé de variété grimpante sans support, ou une variété naine avec des rames de deux mètres. Apporter un engrais azoté, inutile et néfaste. Laisser les pigeons faire leur marché sans filet. Récolter trop tard, quand les gousses sont bosselées et mates. Arracher les pieds après la récolte au lieu de couper au collet en laissant les racines riches en azote.

Bien entretenir

Arroser juste

Jusqu’à la floraison, le petit pois de printemps se satisfait généralement des pluies belges ; un arrosage tous les dix jours suffit si mars et avril sont secs. Dès l’apparition des fleurs, puis pendant le remplissage des gousses, la demande explose : arrosez copieusement deux fois par semaine, cinq à dix litres par mètre de rang, au pied et le matin. Un manque d’eau à ce moment donne des gousses mal remplies. Ne mouillez pas le feuillage, surtout en fin de culture quand l’oïdium menace. Un paillage posé avant les premières chaleurs réduit fortement les besoins.

Pailler et nourrir

Le petit pois n’a besoin d’aucun engrais : ses racines portent des nodosités qui fixent l’azote de l’air, et un sol trop riche favorise les feuilles au détriment des gousses. Un excès d’azote est même la première cause de récolte décevante. Paillez au contraire dès que les plants atteignent quinze centimètres et que le sol s’est réchauffé, vers la mi-avril, avec cinq centimètres de tontes séchées, de paille ou de feuilles : le paillis garde la fraîcheur que le pois exige et retarde l’arrivée de l’oïdium en juin. Après la récolte, coupez les tiges au ras du sol et laissez les racines en place.

Ramer et butter

Quand les plants atteignent dix centimètres, buttez-les légèrement en ramenant la terre sur trois centimètres de tige, ce qui les ancre contre le vent. Posez ensuite les rames sans attendre : des branchages de noisetier ou de charme pour les variétés naines, un grillage à mailles larges ou un filet tendu entre des piquets pour les grimpantes, jusqu’à un mètre cinquante. Les vrilles s’accrochent seules, mais guidez les tiges les premiers jours en les plaçant contre le support. Un rang qui verse s’abîme, moisit et se récolte mal. Une ficelle tendue de chaque côté du rang, à mi-hauteur, complète le soutien des rangs très chargés.

Prévenir les maladies et ravageurs

Les pigeons et les mulots sont les premiers voleurs : tendez un filet ou posez des branchages épineux sur le rang dès le semis, jusqu’à ce que les plants aient quinze centimètres. L’oïdium arrive avec la chaleur de juin : semez tôt, paillez, arrosez au pied et pulvérisez du lait dilué à 10 % dès les premières taches ; arrachez les pieds trop atteints plutôt que de les laisser contaminer. Contre la tordeuse, ce petit ver dans les gousses, le semis précoce reste la meilleure parade, la récolte tombant avant la ponte de fin juin. Les pucerons verts se délogent au jet d’eau ou au savon noir.

Au fil de la saison

Février : semis en gouttière sous abri froid, préparation de la planche. Début mars : premier semis en place de variété ronde, filet anti-pigeons. Fin mars et mi-avril : semis suivants, variétés ridées. Avril : buttage, pose des rames, guidage des tiges, paillage vers la mi-avril. Mai : floraison du premier semis, arrosages réguliers, surveillance des pucerons. Juin : récolte tous les deux jours, arrosages soutenus, vigilance oïdium. Début juillet : dernières récoltes, coupe des tiges au ras du sol. Mi-juillet : la planche libérée accueille navets, haricots ou salades d’automne, qui profitent de l’azote laissé par les racines.

Récolter et prolonger

Récoltez tous les deux jours, le matin, en commençant par les gousses du bas : elles doivent être bien renflées mais encore lisses, brillantes et vert clair. Tenez la tige d’une main et pincez la gousse de l’autre. Les mange-tout se cueillent plats, dès que les grains se devinent à peine. Une cueillette assidue prolonge la floraison d’une ou deux semaines. Pour étirer la saison, comptez surtout sur l’échelonnement des semis de mars à mi-mai, et sur une variété tardive pour le dernier. Dans les régions douces de Flandre ou du Hainaut, un semis de pois ronds vers la fin octobre, sous voile, donne une récolte très précoce en mai.

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Du potager à l’assiette

Et ensuite, on le savoure

Ce qu’il apporte

Le petit pois frais est une légumineuse riche en protéines végétales, en fibres et en vitamines C et B9. Il apporte aussi des glucides lents et une belle satiété pour peu de calories.

En cuisine, simplement

Juste tombés dans l’eau bouillante deux minutes, puis passés au beurre avec de la menthe fraîche et de jeunes oignons, ils font le plat de juin par excellence.

Bien vivre

Écosser les petits pois au soleil, en grignotant un grain sur trois, est un plaisir d’enfance qui ne s’oublie pas.