légume-racine · Apiacées
PanaisPastinaca sativa
Légume d’hiver par excellence, le panais est une longue racine ivoire au parfum doux de noisette, qui devient meilleure après les premières gelées. Il demande de la patience, un sol profond et une levée lente, mais reste en terre tout l’hiver et se récolte au fil des besoins.
- Difficulté
- Intermédiaire
- Exposition
- Soleil ou mi-ombre
- Arrosage
- Régulier jusqu’à la levée, puis modéré
- Sol
- Profond, meuble, frais, sans cailloux ni fumure fraîche
- Espacement
- 15 à 20 cm sur le rang, 40 cm entre les rangs
- Récolte
- 150 à 200 jours après semis
Calendrier · climat belge
Quand semer, planter, récolter
| Activité | Jan | Fév | Mar | Avr | Mai | Jui | Jui | Aoû | Sep | Oct | Nov | Déc |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Semis en pleine terre | oui | oui | oui | |||||||||
| Récolte | oui | oui | oui | oui | oui | oui |
Pas à pas
1Semer
Semez en place de mars à mai, dans un sol travaillé en profondeur et affiné, avec des graines fraîches de l’année. Tracez des sillons de un à deux centimètres de profondeur espacés de quarante centimètres et déposez trois graines tous les quinze centimètres, ou une graine tous les trois centimètres. Recouvrez, tassez et maintenez humide. La levée est lente et capricieuse, de deux à quatre semaines : semez des radis dans le sillon pour marquer la ligne.
2Planter
Le panais ne se repique pas, sa longue racine pivotante fourcherait. Pour améliorer une levée difficile, faites prégermer les graines entre deux couches de papier absorbant humide pendant une semaine à température ambiante, puis semez celles qui montrent un germe. Dans un sol lourd, cultivez sur une planche surélevée ameublie profondément à la grelinette et allégée de compost mûr, en évitant tout fumier frais qui déforme les racines.
3Entretenir
Éclaircissez à quinze ou vingt centimètres dès que les plantules ont trois ou quatre feuilles. Binez soigneusement au début, le panais démarre lentement et souffre de la concurrence, puis paillez dès que le feuillage couvre le sol. Arrosez en cas de sécheresse prolongée, sans excès. Aucun apport d’engrais n’est nécessaire dans un sol bien pourvu. Portez des gants pour manipuler le feuillage par temps ensoleillé, sa sève est photosensibilisante.
4Récolter
Récoltez à partir d’octobre, et de préférence après les premières gelées, qui rendent la racine plus douce et sucrée. Arrachez à la fourche-bêche en enfonçant l’outil loin du collet, la racine descend jusqu’à trente centimètres. Prélevez au fur et à mesure des besoins jusqu’en mars, en marquant les rangs pour les retrouver sous la neige. Arrachez tout ce qui reste avant que la plante ne redémarre au printemps.
5Conserver
La meilleure conservation reste en terre, sous un paillis de feuilles ou de paille qui empêche le sol de geler en profondeur et facilite l’arrachage. Une fois récoltés, les panais se gardent plusieurs semaines en cave dans du sable humide, ou deux à trois semaines au frigo dans un sachet perforé. Coupés en dés et blanchis deux minutes, ils se congèlent très bien pour les potages d’hiver.
Pour aller plus loin
Bien planter, bien entretenir
Bien planter
Choisir l’emplacement
Le panais occupe sa planche presque un an, de mars à février : réservez-lui un coin dont vous n’aurez pas besoin, au soleil ou à mi-ombre, dans une terre profonde et sans cailloux, car la racine descend jusqu’à trente centimètres. Il supporte les terres limoneuses et même argileuses si elles sont ameublies en profondeur et drainées ; l’eau stagnante en hiver fait pourrir le collet. Comme la carotte, il subit la mouche de la carotte : éloignez-le des rangs de carottes et de céleri, et faites une rotation de trois ans avec toutes les apiacées. Des oignons ou des poireaux en voisins le protègent un peu.
Préparer le sol
Décompactez la planche à la grelinette sur trente centimètres, en retirant les cailloux, les racines de vivaces et les mottes dures, sans retourner le sol. N’apportez aucun fumier ni compost jeune : la racine fourcherait. Un compost très mûr, une pelletée par mètre carré, épandu à l’automne précédent, suffit largement ; le panais est peu gourmand. Dans une terre argileuse, montez une planche surélevée de vingt-cinq centimètres allégée de sable et de compost de feuilles, ou prévoyez des variétés demi-longues, plus larges que profondes. Ratissez finement en surface et laissez reposer une semaine avant de semer.
Semer au bon moment
Semez entre le 15 mars et le 15 mai, un seul semis suffit ; un semis d’avril dans un sol déjà réchauffé lève souvent mieux qu’un semis de mars. Achetez des graines de l’année, la faculté germinative du panais s’effondre après douze mois. Tracez des sillons d’un à deux centimètres espacés de quarante, déposez trois ou quatre graines tous les quinze centimètres, recouvrez de terre fine, tassez et arrosez en pluie. Semez quelques radis dans le sillon pour marquer la ligne. La levée demande deux à quatre semaines de patience, plus le sol est froid, plus elle est longue et irrégulière.
Réussir la levée
Le panais ne se repique pas, mais sa levée capricieuse se domestique. Prégermez les graines une semaine avant le semis, entre deux feuilles de papier absorbant humide posées dans une boîte fermée à température ambiante, et semez celles qui montrent une pointe blanche, une par poquet, avec une pince ou entre deux doigts humides. Après le semis, couvrez le sillon d’une planche ou d’un voile pour garder l’humidité, et arrosez chaque jour en pluie fine par temps sec. Retirez la couverture dès la levée. Si un poquet reste vide après un mois, ressemez en place : jusqu’à fin mai, il rattrape le retard.
En pot ou en bac
Le panais n’est pas le premier légume qu’on pense à mettre sur un balcon, mais il y réussit dans un bac profond de quarante centimètres au moins, comme un demi-tonneau ou un grand sac de culture, rempli de deux tiers de terreau et d’un tiers de sable, sans compost frais. Choisissez une variété demi-longue, semez en avril en poquets espacés de quinze centimètres, éclaircissez à un plant, et arrosez régulièrement tout l’été sans détremper. Le bac reste dehors tout l’hiver, le gel améliore la saveur. Une douzaine de racines par bac, c’est une belle réserve de potages pour les mois froids.
Les erreurs du débutant
Semer de vieilles graines et attendre en vain. Abandonner le sillon en croyant à l’échec après deux semaines, alors que la levée demande souvent trois ou quatre semaines. Laisser sécher la surface pendant cette longue levée. Semer dans une terre fumée ou caillouteuse et récolter des racines à trois branches. Ne pas éclaircir, ce qui donne des racines minuscules. Laisser les adventices étouffer les plantules, lentes à démarrer. Récolter en septembre des racines sans goût, alors que le gel les sucre. Manipuler le feuillage à mains nues en plein soleil et se retrouver avec des brûlures. Oublier de marquer les rangs avant la neige.
Bien entretenir
Arroser juste
L’eau compte surtout pendant la levée, où la surface doit rester humide en permanence pendant trois ou quatre semaines : arrosage quotidien en pluie fine par temps sec, ou couverture du sillon. Ensuite, le panais se débrouille avec ses racines profondes : un arrosage copieux tous les dix jours par sécheresse prolongée, dix litres par mètre carré, suffit. Un été belge normal ne demande presque aucune intervention une fois le sol paillé. Évitez les à-coups, qui fendent les racines. À partir de septembre, cessez tout arrosage : une racine peu gorgée d’eau résiste mieux au gel et se conserve plus longtemps en terre.
Pailler et nourrir
Aucun engrais n’est utile dans un sol bien pourvu ; un excès d’azote donne du feuillage et des racines creuses. Dès que le feuillage couvre les rangs, en juin, paillez avec cinq centimètres de tontes séchées, de paille ou de feuilles, ce qui supprime le désherbage et les arrosages. En octobre, épaississez ce paillis à quinze centimètres avec des feuilles mortes maintenues par un voile ou des branchages : il n’est pas là pour protéger le panais, parfaitement rustique, mais pour empêcher le sol de geler en bloc, afin de pouvoir arracher les racines en janvier sans pioche.
Éclaircir et biner
Éclaircissez dès que les plantules portent trois ou quatre feuilles, à un seul plant par poquet ou tous les quinze centimètres en ligne, vingt pour les grosses variétés de type Gladiator. Opérez le soir, pincez plutôt qu’arracher, puis tassez et emportez les plantules. Le panais démarre lentement et souffre de la concurrence : binez et désherbez à la main toutes les deux semaines de mai à juin, sans blesser les collets. Récoltez les radis marqueurs dès qu’ils sont prêts. Portez des gants et des manches longues pour toucher le feuillage par temps ensoleillé, sa sève provoque des brûlures photosensibles.
Prévenir les maladies et ravageurs
La mouche de la carotte s’attaque aussi au panais, ses galeries brunes creusant la partie haute de la racine. Un voile anti-insectes dès le semis, gardé jusqu’en octobre, reste la meilleure parade, avec la rotation et des oignons en voisinage. Le chancre du panais, taches brunes et crevasses sur l’épaule de la racine, apparaît dans les sols humides et sur les collets exposés : buttez légèrement en août pour couvrir les épaules, choisissez une variété résistante, et évitez les terres qui restent détrempées. Les limaces et les pucerons sur le feuillage sont sans gravité. L’oïdium de fin d’été est esthétique et ne justifie aucune intervention.
Au fil de la saison
Mars : préparation profonde de la planche, prégermination des graines de l’année. Avril : semis en poquets avec radis marqueurs, sillon couvert, arrosages quotidiens, voile anti-insectes. Mai : levée, ressemis des poquets vides, premiers binages. Juin : éclaircissage à un plant, binages, paillage dès que le feuillage couvre. Juillet et août : arrosage seulement par sécheresse, léger buttage des épaules contre le chancre. Septembre : arrêt de l’arrosage, retrait du voile. Octobre : premières récoltes après les premières gelées, épaississement du paillis, marquage des rangs. Novembre à février : arrachage au fil des besoins. Mars : récolte de tout ce qui reste avant le redémarrage.
Récolter et prolonger
Patientez jusqu’aux premières vraies gelées, souvent fin octobre ou novembre : le froid transforme l’amidon en sucre et donne au panais sa saveur de noisette. Arrachez à la fourche-bêche enfoncée à quinze centimètres du collet, par temps doux, en soulevant sans forcer pour ne pas casser la pointe. Prélevez au fur et à mesure jusqu’en février : la terre sous paillis est le meilleur garde-manger. Dans les sols argileux qui se gorgent d’eau, arrachez en décembre et stockez au sable. Récoltez tout avant la mi-mars, quand la plante repart, car la racine devient ligneuse et creuse en quelques semaines.
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Ce qu’il apporte
Le panais apporte des fibres, du potassium, de la vitamine B9 et de la vitamine C. Plus énergétique que la carotte, il rassasie bien et parfume les plats d’hiver.
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Rôti au four en frites épaisses avec un filet d’huile et du thym, ou mixé en velouté avec une pomme, le panais de janvier réchauffe les soirs d’hiver.
Bien vivre
Aller déterrer un panais sous le givre, un matin de décembre, prouve que le potager nourrit même au cœur de l’hiver.
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